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Fauci, le Dr. No ou l’homme qui a transformé la science en instrument de pouvoir

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Pendant des décennies, Anthony Fauci s’est présenté comme l’incarnation de la science pure, le visage rassurant de la raison face à l’ignorance et à la peur. « Je représente la science », a-t-il déclaré. Les documents publiés par le sénateur Rand Paul — le journal personnel de 465 pages intitulé Tony’s Diary: The Prequel (2001-2015) et les révélations de 2020-2021 — peignent un tableau radicalement différent. Ils montrent un homme qui a systématiquement utilisé la science, non comme une quête de vérité, mais comme un levier de pouvoir personnel, institutionnel et politique. 

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Une méthode machiavélique, patiemment construite pendant quinze ans, qui a atteint son paroxysme pendant la pandémie de COVID-19, avec des conséquences catastrophiques pour la santé des Américains et pour le rayonnement scientifique des États-Unis.

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La genèse d’une méthode entre 2001-2015 – 2001 : L’anthrax et le choix de la loyauté politique

En octobre 2001, alors que les lettres à l’anthrax terrorisent l’Amérique, le discours officiel se veut rassurant. Dès ces attentats, Fauci note dans son journal (pages 35-36) qu’un expert de l’USAMRIID lui a confirmé que les spores envoyées au sénateur Daschle étaient « mieux ingénierées » que n’importe quelle arme biologique américaine. Tom Ridge, directeur de la Sécurité intérieure, affirme à la télévision qu’il s’agit d’une souche banale, de type « garden-variety ». Dans son journal, Fauci note pourtant une tout autre réalité. Le colonel Peter Jahrling, de l’USAMRIID, lui confie que les spores envoyées au sénateur Daschle sont « finement moulues », d’une qualité militaire supérieure à tout ce que les États-Unis avaient eux-mêmes produit. Fauci écrit qu’il est « floored » (sidéré) et conclut : « De toute évidence, quelqu’un ne dit pas intentionnellement la vérité au gouverneur Ridge ou il la masque. » Il prédit déjà : « Il y aura des comptes à rendre lorsque le public américain réalisera qu’ils n’ont pas été traités de manière totalement ouverte. »

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Il choisit pourtant de ne faire que des allusions à quelques sénateurs et à Tim Russert. L’expert médical place la loyauté politique et la raison d’État au-dessus de la transparence publique.

Ce premier grand écart entre vérité privée et récit officiel pose les bases de la méthode.

 

2002-2004 : La conquête des pouvoirs exceptionnels

La crise de l’anthrax devient le tremplin. En novembre 2002, Fauci demande directement à l’équipe du vice-président Dick Cheney une liste de pouvoirs : contrats sole-source (sans appel d’offres), subventions ultra-rapides et « DARPA-like powers ». Il invente lui-même le nom « Project BioShield ». La justification officielle s’appuie sur des renseignements de la CIA affirmant que l’Irak possède la variole — des renseignements que Fauci qualifiera plus tard, en 2008, de « vague, douce et même embarrassante ».

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Ces pouvoirs transforment le NIAID en une entité quasi-militaire capable de court-circuiter la bureaucratie et de mobiliser des milliards. Le chercheur civil s’efface derrière le stratège de défense. Dans le même temps, il mène une véritable « guérilla bureaucratique » pour imposer le plan PEPFAR contre le sida. Il contourne l’USAID, utilise Bono comme levier politique (un dîner de pâtes chez les Fauci devient un instrument de lobbying), et cache volontairement certaines avancées à ses supérieurs pour éviter les sabotages internes.

 

2012 : Le « moratoire volontaire » qui n’en était pas un

L’épisode de la grippe H5N1 révèle la méthode à maturité. Face au risque que les services de sécurité coupent les financements des recherches de Ron Fouchier, Fauci note dans son journal : « J’ai pris le taureau par les cornes et contacté Fouchier… Je lui ai fortement suggéré de déclarer un moratoire… J’ai insisté sur le fait que s’il ne le fait pas volontairement, des forces hors de notre contrôle (c’est-à-dire les agents de sécurité) nous forceront à couper le financement. » Le lendemain, Fouchier annonce une pause. Fauci et Francis Collins publient un communiqué « applaudissant leur décision ».

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Plus grave encore, Fauci admet un « subterfuge » pour contourner les règles d’export control avec les revues scientifiques. Il écrit : « J’ai exprimé mon inquiétude que ce n’était pas entièrement honnête, mais cela a quand même été adopté. » Et il se retrouve « très mal à l’aise » à demander à Fouchier de retenir des données lors d’une réunion de l’OMS présentée comme un exercice de transparence. Heidi Avery, adjointe de John Brennan au National Security Staff et « agent de la CIA coriace », exige même le silence du comité de biosécurité jusqu’après les élections de novembre 2012.

La science n’est plus un débat. Elle est un outil de gestion de crise et de calendrier politique.

 

Le COVID : la méthode à l’échelle planétaire

Les documents de 2020-2021 montrent la même logique, amplifiée. Les messages Slack des auteurs de Proximal Origin révèlent qu’ils estimaient en privé les chances d’une origine laboratoire à 20-30 %, tout en affirmant publiquement que c’était « impossible ». Fauci oriente l’appel du 1er février 2020, alimente ensuite la communauté du renseignement avec ce preprint, et supervise un récit qui étouffe les doutes. 

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Le blocage par le FBI de l’interrogatoire de Peter Daszak, les doutes privés de Ralph Baric, les recommandations de destruction de documents : tout s’inscrit dans la continuité du journal de 2001-2015.

 

Un diagnostic déjà posé : le livre de Robert F. Kennedy Jr. préfacé par Christian Perronne

Bien avant les révélations de Rand Paul, cette trajectoire avait déjà été documentée en détail. En 2021, Robert F. Kennedy Jr. publiait The Real Anthony Fauci: Bill Gates, Big Pharma, and the Global War on Democracy and Public Health. La version française, parue en 2022 sous le titre Anthony Fauci, Bill Gates et Big Pharma : Leur guerre mondiale contre la démocratie et la santé publique (éditions Marco Pietteur), est préfacée par le professeur Christian Perronne, ancien chef de service en maladies infectieuses à l’hôpital de Garches et figure majeure de la critique des politiques sanitaires françaises. La chambre disciplinaire de l’Ordre des médecins a même reconnu « qu’au regard de sa qualité d’infectiologue internationalement reconnu, le professeur Perronne avait « l’obligation de s’exprimer dans le domaine qui relève de sa compétence », durant la crise du Covid-19. »

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Dans cet ouvrage massivement documenté, Kennedy décrit comment Fauci, en tant que directeur du NIAID, disposait chaque année de 6,1 milliards de dollars d’argent public pour orienter la recherche mondiale : il pouvait dicter les sujets, le contenu et même les résultats des études, récompenser ou ruiner des carrières de scientifiques, d’hôpitaux et d’universités. Le livre retrace le lancement de sa carrière lors de la crise du sida : selon Kennedy, Fauci se serait allié à l’industrie pharmaceutique pour saboter des traitements thérapeutiques hors brevet, sûrs et efficaces, en orchestrant des études frauduleuses et en faisant pression sur la FDA pour approuver l’AZT, un traitement de chimiothérapie toxique dont il savait qu’il était inefficace contre le VIH. Kennedy affirme également que Fauci a violé à plusieurs reprises les lois fédérales pour permettre des expérimentations sur des enfants pauvres et de couleur, traités comme des cobayes dans des essais mortels.

Le livre met aussi en lumière le partenariat scellé au début des années 2000 avec Bill Gates, visant à contrôler un marché mondial des vaccins de 60 milliards de dollars. Ces éléments font directement écho aux documents de Rand Paul : la quête de pouvoirs exceptionnels (Project BioShield), le contrôle des récits scientifiques, la subordination de la vérité aux agendas politiques et industriels. Perronne, dans sa préface, souligne précisément cette « manipulation frauduleuse de la médecine » et l’utilisation d’une pandémie pour restreindre libertés et démocratie, confirmant que le phénomène observé aux États-Unis a eu des répercussions internationales, y compris en France.

 

La capture des institutions et ses conséquences

Ce comportement révèle une capture profonde des institutions scientifiques et médicales. Quand un homme peut, pendant quinze ans, orchestrer des pauses « volontaires », pratiquer le subterfuge, réclamer des pouvoirs exceptionnels et gérer l’écart entre vérité privée et discours public tout en se drapant dans l’autorité de « la science », le système est corrompu. Les comités de biosécurité, les revues, les agences de renseignement et même l’OMS deviennent des leviers. La vérité scientifique passe au second plan derrière la préservation du pouvoir et des budgets.

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L’impact a été terrible. Aux États-Unis, des millions de citoyens ont été soumis à des politiques fondées sur un récit contrôlé plutôt que sur une science ouverte. La confiance dans les institutions médicales s’est effondrée. Le rayonnement scientifique américain, autrefois synonyme d’ouverture, de débat et d’excellence, a été durablement abîmé. 

Quand la figure la plus visible de la science américaine apparaît comme un maître du récit plutôt qu’un serviteur de la vérité, c’est toute la crédibilité du pays qui est atteinte.

 

En France aussi : quand les « défenseurs de la science » deviennent les gardiens du récit

Le phénomène n’est pas purement américain. En France, des figures et collectifs qui se sont présentés pendant des années comme les remparts de la science contre la « désinformation » — notamment le collectif No Fake Med, le Dr Jérôme Marty, le Dr Jérôme Barrière, ou encore des commentateurs comme le blogueur Eolas et Tristan Mendes France — ont longtemps persisté à défendre le récit officiel d’une origine purement naturelle du SARS-CoV-2, qualifiant souvent toute mention d’une fuite de laboratoire de « complotisme » ou de « fantasme ».

Pourquoi ce fourvoiement prolongé, alors même que les documents internes (Slack de Proximal Origin, journal de Fauci, évaluations de renseignement) montraient déjà dès 2020 des doutes privés majeurs chez les scientifiques les plus proches du pouvoir américain ?

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La réponse tient précisément à la capture institutionnelle décrite plus haut. Ces acteurs se sont construits une identité publique de « chasseurs de fake news » en s’alignant sur l’autorité des grandes institutions (OMS, NIH, Académie de médecine dans sa phase initiale, grands journaux). Remettre en question Fauci, Proximal Origin ou le consensus médiatique revenait à risquer d’être catalogué comme « anti-science », ce qui, dans leur écosystème professionnel et médiatique, était coûteux : perte de crédibilité, plaintes ordinales, ostracisme sur les réseaux, difficultés de carrière. Le système récompense la conformité au récit dominant et punit le doute méthodique lorsqu’il touche aux figures centrales du pouvoir scientifique.

Le résultat est paradoxal et dangereux : ceux qui se proclamaient les plus attachés à la méthode scientifique ont parfois contribué à étouffer le débat scientifique lui-même, en transformant une hypothèse légitime (la fuite de laboratoire) en tabou. Quand même l’Académie nationale de médecine française a, plus tard, jugé probable une origine accidentelle de laboratoire, le contraste avec les positions antérieures de certains « no fake » est devenu frappant. Cela illustre parfaitement le mécanisme : une fois que la science est capturée par des logiques de pouvoir, de réputation et de réseau, même les voix qui se veulent les plus rationnelles finissent par servir le récit plutôt que la vérité.

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Le contrôle de la science et ses dangers

Une science contrôlée par des hommes qui la subordonnent à leur avancement ou à des agendas politiques n’est plus de la science. C’est de la technocratie autoritaire. Les dangers sont immenses : des recherches dangereuses protégées plutôt qu’encadrées, des vérités gênantes étouffées, des politiques de santé publique déconnectées de la réalité, et une population qui, une fois la confiance brisée, se tourne vers le complotisme ou le rejet total. L’histoire de Fauci montre qu’un seul individu, placé au bon endroit pendant assez longtemps, peut capturer des institutions entières. Le prix à payer n’est pas seulement politique. Il se compte en vies, en confiance perdue et en prestige scientifique irrémédiablement entamé.

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Les documents de Rand Paul ne sont pas une simple attaque partisane. Ils sont un miroir. Ils forcent à regarder en face ce qui se passe quand la science cesse d’être une méthode pour devenir un instrument de pouvoir. Et ce miroir, une fois levé, est difficile à baisser.

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Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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