
Le 20 août 2026, Volodymyr Zelensky a signé quatre décrets mettant en œuvre de nouvelles sanctions. Parmi les personnes et entreprises visées figurent cinq citoyens russes et quatre organisations participant à la création ou à la distribution de Masha et Michka, dont le studio Animaccord. Selon la présidence ukrainienne, le programme diffuserait des récits favorables à la Russie sous l’apparence d’un simple contenu pour enfants et constituerait ainsi une menace pour la sécurité nationale.
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On connaissait le char, le missile, le drone. Voici donc l’ours affectueux.
Sur LCI, l’ours devient une arme de « soft power »
LCI a consacré une séquence à cette nouvelle offensive contre Masha et Michka. Invitée sur le plateau, Alla Poedie explique notamment que l’ours pourrait représenter une Russie « énorme, puissante, un peu sauvage » mais finalement bienveillante. Et c’est précisément là que résiderait le problème.
Le dessin animé procurerait, selon elle, « un sentiment de sympathie envers les Russes ». Les histoires de Masha, de son ours et de leurs petits plats constitueraient une forme de « soft power » capable de s’introduire dans les différentes couches de la société. Puis arrive la formule qui transforme définitivement la chambre d’enfant en champ de bataille informationnel : ce serait « pire que le pire poison ».
Pour résumer, montrer des personnages russes sympathiques deviendrait suspect. À ce tarif, il faudra bientôt vérifier la nationalité de Winnie l’Ourson avant de laisser les enfants allumer la télévision.
Alla Poedie, LCI et la galaxie BHL
L’intervenante n’est pas inconnue des plateaux. La Règle du jeu la présente comme « journaliste, militante » franco-ukrainienne et invitée régulière des émissions de Darius Rochebin sur LCI.
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Elle publie également de nombreux textes dans cette revue fondée par Bernard-Henri Lévy, principalement consacrés à la guerre en Ukraine et à la Russie. Le lien avec l’univers intellectuel de BHL est donc parfaitement public. Alla Poedie, simple collaboratrice de la revue de BHL, ou protégée bien installée dans sa galaxie médiatique ? Son univers s’élargit au-delà : En tant que consultante, elle a aidé des multinationales telles que Johnson & Johnson, Rhône -Poulenc Agro, British American Tobacco, Interbrew, Glaverbel ou encore bioMérieux, à s’implanter sur les marchés de l’Europe de l’Est.
L’Ukraine n’est pas seule à avoir découvert le potentiel stratégique du petit ours. Début août, nous rapportions déjà qu’une cinquantaine de députés britanniques souhaitaient voir les plateformes examiner la diffusion du programme. En France, France Télévisions assurait suivre l’affaire « avec attention ». Animaccord, de son côté, nie tout message politique, affirme être une entreprise privée basée à Chypre et assure ne recevoir aucun financement de l’État russe.
La guerre de l’information avait déjà ses chaînes de télévision, ses influenceurs et ses armées de communicants. Elle a désormais une fillette en robe rose et un ours qui prépare le goûter. Manifestement, la paix mondiale tient à peu de chose.
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