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Solaire au sol : 6 100 hectares de forêts rasées pour respecter les objectifs européens d’énergies renouvelables

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Sous couvert de transition écologique, le développement du photovoltaïque s’accompagne d’importants défrichements. Selon une étude menée par Reporterre à partir des données de l’IGN et des études d’impact, au moins 1 573 centrales solaires au sol occupaient plus de 11 400 hectares de surfaces agricoles ou naturelles à la fin de l’année 2025. Sur ce total, environ 6 100 hectares de forêts ont été définitivement rasés.

L’impact géographique est particulièrement visible dans plusieurs régions. Près de 2 000 hectares sont concernés dans les Landes, et plus de 1 000 hectares sur les contreforts des Alpes du Sud. À Cruis, sur la montagne de Lure, un projet de 17 hectares a obtenu une dérogation à la protection des espèces, validée en justice par le Conseil d’État. Ce secteur compte déjà une dizaine de centrales en service et de nombreux projets en cours d’instruction, qui menacent plusieurs centaines d’hectares d’espaces naturels supplémentaires.

À l’origine de cette frénésie ? La contrainte européenne. La directive RED III de 2023 du règlement européen impose un objectif contraignant de 42,5 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’ici 2030. Pour respecter ces engagements, intégrés dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie et le Plan national intégré énergie-climat, l’État et les services préfectoraux accélèrent les délivrances d’autorisations de construire, y compris sur des zones boisées.

Si ces infrastructures représentent un tiers de la production d’électricité solaire en France, la priorité donnée aux installations au sol fait débat. Des alternatives existent sur les toitures, les parkings ou les friches industrielles. Mais les porteurs de projets privilégient souvent les grandes surfaces naturelles pour des raisons de coût et de simplicité technique, tandis que les pouvoirs publics cherchent à atteindre au plus vite leurs objectifs chiffrés. 

La transition s’incarne aujourd’hui dans ces mers de verre et d’acier déroulées à la place des forêts et des cultures. Vertes sur le papier, grises sur le terrain.





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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