
Des centrales nucléaires transformées en symboles de l’extermination
« Sans notre intervention, Isfahan, Natanz, Fordow et Bushehr seraient aujourd’hui des noms gravés dans l’Histoire au même titre qu’Auschwitz. » La formule, martelée devant un parterre de dignitaires, est d’une violence symbolique inouïe. Netanyahou, maître en l’art de la dramatisation, a ainsi réduit des installations civiles et militaires à des camps d’extermination, où des millions de Juifs furent gazés, fusillés ou laissés mourir de faim. Une comparaison non seulement historique aberrante, mais aussi géopolitiquement dangereuse : elle légitime, aux yeux de l’opinion publique, une politique de frappes préventives dont les conséquences régionales sont déjà désastreuses.
Les sites visés – Natanz, centre névralgique de l’enrichissement d’uranium ; Fordow, installation souterraine ultra-protégée ; Bushehr, centrale civile – sont depuis des années la cible d’Israël, qui y voit la preuve d’un programme nucléaire militaire iranien. Téhéran, lui, maintient une position inchangée : son programme est pacifique. Mais peu importe les faits : pour Netanyahou, l’Iran incarne le Mal absolu, une menace existentielle qu’il faut éradiquer avant qu’elle ne se matérialise. La Shoah, dans ce récit, n’est plus un génocide : c’est un argument de vente pour une guerre permanente.
Netanyahou fait la guerre pour échapper à la Justice
8 avril : début du cessez-le-feu,
10 avril : Netanyahu demande un nouveau report de deux semaines (au minimum) pour son audition,
12 avril reprise de son procès pour corruption (pots-de-vin), fraude et abus de confiance,
14 avril 2026 commémoration de la shoa pour justifier la reprise de la guerre contre l’Iran et l’arrêt des audiences pour état d’urgence.
La mémoire comme arme de guerre
Le timing de cette déclaration n’est pas anodin. Prononcée à Yad Vashem, en pleine commémoration de la Shoah, elle s’inscrit dans une tradition israélienne bien établie : l’instrumentalisation de la mémoire des victimes pour servir les intérêts sécuritaires de l’État. « Plus jamais ça », le mantra répété à l’envi, devient ainsi un blanc-seing pour frapper l’Iran, asphyxier Gaza, ou bombarder le Liban. Une rhétorique qui, loin de préserver la mémoire, la galvaude et la vide de son sens.
Pire, Netanyahou en profite pour régler ses comptes avec l’Europe, accusée de « faiblesse morale » et d’avoir « oublié les leçons de la Shoah ». Une attaque en règle contre ceux qui osent critiquer la politique israélienne, présentés comme complices, par négligence, d’un nouveau génocide. Le procès est expéditif, mais efficace : qui s’oppose à Israël devient, par ricochet, un ennemi des Juifs.
NETANYAHU FAIT LA MORALE À L’EUROPE
« Nous défendons l’Europe… l’Europe qui a oublié l’Holocauste a beaucoup à apprendre de nous… cette distinction claire entre le bien et le mal qui impose de partir en guerre… » pic.twitter.com/V3ZfASQqqP
— Camille Moscow 🇷🇺 🌿 ☦️ (@camille_moscow) April 13, 2026
Un cessez-le-feu fragile, une rhétorique explosive
Ces déclarations interviennent dans un contexte régional explosif. Depuis fin février 2026, Israël et ses alliés multiplient les frappes contre l’Iran et ses relais – Hezbollah au Liban, milices en Syrie, Houthis au Yémen. Un « axe de la résistance » que Téhéran soutient ouvertement, et que Jérusalem présente comme une menace mortelle. Le cessez-le-feu actuel, fragile et précaire, n’est qu’une trêve dans une guerre larvée, où chaque camp prépare la prochaine escalade.
Dans ce jeu dangereux, Netanyahou joue sa partition favorite : celle du sauveur, seul rempart contre un nouvel Holocauste. Une posture qui lui permet de justifier l’injustifiable – bombardements massifs, assassinats ciblés, blocages – tout en se drapant dans le manteau de la légitimité morale. Mais à force de brandir la Shoah comme un étendard, il en fait une caricature, un outil de propagande parmi d’autres. Et c’est peut-être là le plus grand sacrilège.










