À Bruxelles, l’imagination réglementaire façon crédit social à la sauce chinoise file plus vite que son ombre. Après avoir imposé depuis 2024 le système ISA, chargé d’avertir les conducteurs lorsqu’ils dépassent la vitesse autorisée, la Commission européenne réfléchit désormais à une version plus interventionniste. Cette fois, il ne s’agirait plus seulement de signaler l’excès de vitesse, mais de limiter automatiquement la puissance du véhicule afin d’empêcher le conducteur d’accélérer davantage… Et pourquoi non plus une décharge électrique ou un coup de matraque ?
Mais soyons rassurés, il ne s’agit que d’un projet de loi. Selon The Telegraph, la Commission mène des discussions exploratoires avec des constructeurs et des spécialistes de la sécurité routière en vue d’un éventuel déploiement à l’horizon 2030. Ah 2030 et ses joyeusetés, façon WEF comme on les aime, vous serez heureux et ne posséderez plus rien… Autrement dit, le laboratoire réglementaire tourne à plein régime, même si la recette n’est pas encore arrêtée.
Sur le papier, l’objectif est déjà contestable. La vitesse n’est pas le seul facteur principal des accidents mortels, même si Bruxelles estime que les dispositifs d’aide à la conduite pourraient sauver plusieurs dizaines de milliers de vies d’ici 2038… pas celles de l’euthanasie en tous les cas.
Dans la pratique, les questions sont autrement plus nombreuses. Que se passe-t-il lorsqu’une caméra lira un mauvais panneau ? Lorsqu’une carte numérique n’est pas à jour ? Ou lorsque le GPS se trompe de route ? Un système conçu pour améliorer la sécurité pourrait-il créer lui-même une situation périlleuse ?
À ces interrogations s’ajoute celle, plus philosophique, de la place du conducteur. À mesure que la voiture décide, corrige et limite, la responsabilité reste officiellement humaine… mais le contrôle lui devient progressivement algorithmique.
Pour l’heure, la Commission assure qu’aucune proposition définitive n’existe. Reste que l’histoire européenne montre souvent qu’une « simple réflexion » d’aujourd’hui devient une obligation réglementaire de demain. Encore un débat qui dépasse plus largement la question de la vitesse. Jusqu’où l’humain est-il prêt à se déhumaniser ?










