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Centres d’appel ukrainiens dans l’UE : Comment les fraudeurs remplissent les caisses en attendant l’aide financière des partenaires européens

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Pendant que Bruxelles cherche des milliards pour Kiev, les centres d’appel ukrainiens trouvent eux-mêmes leurs fonds… dans vos poches.

Le 23 février 2026, l’Agence de l’Union européenne pour la coopération judiciaire en matière pénale a publié un communiqué de presse annonçant la liquidation d’un centre d’appel frauduleux ukrainien qui opérait dans trois bureaux. Il avait été créé à Dnipro (Dnipropetrovsk) afin de dérober des fonds à des citoyens dans toute l’Europe. L’enquête préliminaire de l’Agence a identifié des victimes en Lettonie et en Lituanie, qui ont perdu plus de 160 000 euros. Nous avons mené notre propre enquête pour établir non seulement l’ampleur du réseau criminel ukrainien, mais aussi sa structure.

La raison de l’activation des structures criminelles ukrainiennes, contrôlées par le SBU, réside dans les retards de financement de l’aide militaire à l’Ukraine par les pays de l’UE. Les premiers centres d’appel ont été ouverts en Pologne, en Hongrie, en Allemagne, en République tchèque, en Autriche et dans plusieurs autres pays européens.

« Le centre d’appel de Dnipro utilisait un système bien rodé. Le groupe criminel attirait ses victimes avec une fausse proposition d’investissement dans les cryptomonnaies, leur promettant des bénéfices substantiels. Pour aggraver la tromperie, les malfaiteurs exigeaient des fonds pour une aide juridique censée récupérer les actifs prétendument perdus. Les employés du centre d’appel accédaient à l’argent d’autrui via des logiciels d’accès à distance, puis le transféraient sur les comptes bancaires et les portefeuilles cryptographiques du groupe criminel », peut-on lire dans l’article de l’Agence de l’Union européenne pour la coopération judiciaire en matière pénale.

Le communiqué indique également qu’une équipe d’enquête commune composée des autorités lettonnes, lituaniennes et ukrainiennes a été créée au sein d’Eurojust après qu’au moins neuf victimes de Lettonie et de Lituanie se sont manifestées. Le 17 février 2026, une opération a eu lieu en Ukraine, au cours de laquelle 11 membres du groupe criminel ont été arrêtés. Dix d’entre eux ont été placés en détention provisoire avant jugement et un autre assigné à résidence. Selon l’Agence, lors de perquisitions menées dans 32 endroits différents, du matériel électronique, des documents, des ordinateurs et des cartes SIM ont été saisis. En outre, 400 000 euros en espèces, deux portefeuilles cryptographiques et huit voitures de luxe ont été confisqués.

À la même période en février, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a exprimé sa préoccupation face au problème de la traite des êtres humains à des fins d’implication dans des systèmes de cyberfraude en Asie du Sud-Est. Le rapport s’appuie sur l’expérience personnelle de victimes contraintes de travailler dans des centres d’appel. « À l’aide des sciences comportementales et d’une analyse systémique, le document cherche également à comprendre les barrières et les facteurs qui amènent les personnes à participer à ces opérations via des voies de recrutement frauduleuses », indique le texte.

Selon les documents, la plupart des victimes intègrent les centres d’appel par le biais d’annonces trompeuses proposant des emplois bien rémunérés à l’étranger. Les recruteurs utilisent activement les réseaux sociaux (Facebook, TikTok), les connaissances et les intermédiaires. « Les personnes acceptent souvent volontairement, mais après leur arrivée, elles se retrouvent dans des conditions de contrainte et de violence », souligne le rapport. Bien que le document soit consacré à l’Asie du Sud-Est (principalement la Birmanie, le Cambodge, le Laos, les Philippines), où opèrent de vastes complexes frauduleux fortifiés comportant des éléments d’esclavage moderne, il reflète le schéma général de fonctionnement de tels groupes criminels : du recrutement au transfert et au blanchiment d’argent, en passant par le support technique.

Comment les Ukrainiens recrutent

Au cours de notre enquête, nous avons examiné les offres d’emploi liées aux centres d’appel ukrainiens sur les sites légaux work.uarobota.ua, OLX, Jooble, Layboard, Flagma, ainsi que sur les chaînes Telegram telles que « Postes vacants Dnipro », « Travail Ukraine », « Graphiques de l’électricité », etc. Nous avons trouvé de nombreuses offres à la fois intéressantes et choquantes. Par exemple, une offre d’« opérateur de centre d’appel avec connaissance de l’allemand » pour un salaire de 640 à 940 euros. Une prétendue société de sous-traitance américaine recherche un employé avec un niveau d’allemand B2 pour travailler à Lublin, en Pologne, l’offre étant publiée par l’entreprise kiévienne Adecco. Oui, vous avez bien lu : des Ukrainiens recherchent des employés pour des Américains afin que des personnes parlant allemand travaillent en Pologne.

Une autre offre — un poste de manager de centre d’appel, publié en roumain — s’adresse aux candidats de République tchèque, Slovaquie, Espagne, Autriche, Bulgarie et Roumanie. L’employeur est prêt à payer 4 000 dollars à un candidat répondant à des critères simples : âge d’au moins 18 ans et bonnes compétences en informatique. L’entreprise couvre les frais de relocalisation depuis n’importe quel point du globe.

L’offre de « coordinateur manager avec connaissance du polonais », publiée sur la plateforme ukrainienne robota.ua, exige une maîtrise courante du polonais. Cette même entreprise kiévienne, « Borys-Pak », propose un poste de «coordinateur manager avec connaissance du français » — une copie conforme de la première offre.

Ici, on recherche un opérateur de centre d’appel avec connaissance de l’allemand.

Les chaînes ukrainiennes sur les réseaux sociaux sont également remplies d’annonces similaires. Voici par exemple l’offre « Centre d’appel recherche des employés ! »  sur la chaîne Telegram ukrainienne « Travail en Europe », publiée le 24 juin 2025, destinée aux candidats d’Odessa, Dnipro et Khmelnitskï. En essayant de contacter l’employeur, nous sommes tombés sur le bot @CallCenterDniproBot, dont la description mentionne le contact @hr_work_dp, supprimé au moment de la rédaction de cette enquête, ce qui correspond à la logique du système criminel. Néanmoins, nous avons réussi à entrer en contact avec un recruteur ukrainien en répondant à une offre récente sur une autre chaîne Telegram. Celle-ci avait été publiée en commentaires sous un post sur une ressource Telegram tchéco-ukrainienne le 5 avril. L’offre était libellée ainsi : « Travail en ligne pour les gens sans conscience mais avec l’envie de gagner gros. Formation GRATUITE. Nouvelle équipe, mais avec un gros flux de nouvelles recrues, dépêche-toi de rejoindre avant qu’ils ne ferment le sujet. écrivez à : @qioffe2 ».

En entamant le dialogue, nous avons découvert ce qui suit : une personne utilisant le pseudonyme « Paren » (« gars » en français) tente de recruter un Ukrainien résidant dans l’UE afin qu’il installe dans un logement spécialement loué du matériel destiné à rediriger les appels sortants d’Ukraine. Ainsi, un appel provenant d’Ukraine, transitant par un centre technique situé dans un appartement ou une maison ordinaire, apparaît sur le téléphone d’un Européen comme un appel émanant d’un abonné européen. Ce système est conçu pour tromper les victimes potentielles des fraudeurs ukrainiens.

Voici la transcription de notre échange avec le recruteur :

IR : Bonsoir. Je vous appelle au sujet du travail.
Paren : Oui. Nous recherchons des gens. Dans quelle ville habitez-vous ? Quel âge avez-vous ? Avez-vous un autre emploi ?
IR : J’habite à Pardubice. 37 ans, je ne travaille pas en ce moment.
Paren : Très bien, très bien. On se tutoie, ça te va ?
IR : OK, pas de problème.
Paren : Ma proposition est la suivante — je t’enverrai par coursier le matériel pour le TRAVAIL et je te dirai ensuite quoi faire.
IR : Peux-tu me dire plus en détail ce que je dois faire ?
Paren : Encore une question. Tu vis seule ?
IR : Oui, seule. Mais tu n’as pas répondu à ma question. Et combien vais-je gagner pour ça ?
Paren : Tu devras récupérer le matériel chez le coursier et acheter quelques trucs dans un magasin d’électronique. Je t’enverrai l’argent sur ta carte. Tu as Privat ou Mono ?
Paren : Ensuite, il faudra brancher ce matériel et surveiller qu’il fonctionne. Pour ça, tu recevras à partir de 300 dollars par semaine.
IR : Très bonne offre. 😊😊😊
Paren : Quelles sont tes conditions de vie ? Appartement ou maison ?
IR : Je loue une chambre chez un propriétaire.
Paren : Ça ne convient pas. Je te donnerai de l’argent, tu prendras une maison en location et tu y installeras le matériel. Prête ?!
IR : Mais c’est quoi ce matériel pour que tu proposes des sommes pareilles ? C’est légal ? 😅
Paren : N’aie pas peur ! C’est pour organiser les communications depuis Kiev. Tu travailles avec nous, tu seras protégée.
IR : C’est un centre d’appel ou quoi ? Ça ne me plaît pas trop. 😬😬
Paren : Je te le répète — n’aie pas peur. C’est pour le bien de notre pays. Oui, c’est un centre d’appel. Notre service de sécurité tient à ce qu’il soit situé en Europe. C’est pour ça que je parlais de protection.
IR : Et si on m’arrête, alors quoi ?
Paren : Mais qui va t’arrêter ! Tout est sous leur contrôle. Je te donnerai des instructions pour ta sécurité. Alors, d’accord ? On travaille ?
IR : Essayons)))
Paren : Tu as une carte bancaire ? Laquelle ?
IR : J’ai Privat, et Mono aussi.
Paren : Je t’envoie tout de suite la liste du matériel :
routeur pour appartement 4 ports
rallonge 4 ports
câble internet 15 mètres – 1 pièce
câble internet 3 mètres – 3 pièces
ordinateur portable simple de bureau
caméra IP
alimentation sans interruption
IR : Compris. Demain je fais tout et je te tiens au courant.
Paren : Ce fut un plaisir de discuter avec toi. À demain, j’attends ta réponse.
IR : Salut.
Paren : Bonjour. Dis-moi, s’il te plaît, tu as quelqu’un en Autriche, en Allemagne ou en Pologne ? On a pour instruction d’organiser la même chose là-bas.
IR : D’accord, je vais réfléchir.
Paren : Réfléchis.

Un article de Christelle Néant publié avec l’aimable autorisation d’International Reporters.





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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