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Ces films qu’il ne faut (surtout) pas critiquer !

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Depuis maintenant plusieurs années, je vous partage avec plaisir et sans relâche mes recommandations cinématographiques autour de thèmes divers et variés. J’avais bien envie de casser les codes…

Ce mois-ci marque la naissance d’un nouvel arc narratif (qui restera occasionnel, rassurez-vous) dans lequel je m’attaquerai vertement à des films qui n’ont absolument rien demandé. Dans cette chronique, j’essaierai donc de vous expliquer (avec des arguments mais aussi certainement un peu de mauvaise foi) pourquoi je n’aime pas tel ou tel film plébiscité par la critique et/ou le public. Bien évidemment, ces films sont susceptibles de plaire et je vous invite à les voir ou à les revoir !

Au programme ce mois-ci nous apprendrons à penser par nous-mêmes en compagnie de Robin Williams, avant de plonger dans les combats interlopes. Nous essayerons ensuite, mais sans succès, de résoudre une crise familiale avant de nous quitter sur une leçon d’architecture. 

Bonne lecture et bons visionnages !

Le cercle des poètes disparus, Peter Weir, 1989

J’ai beaucoup de problèmes avec le cinéma américain des années 1980-1990. Trois problèmes spécifiques me viennent rapidement en tête. Le premier se nomme Jurassic Park (que j’aime beaucoup au demeurant) qui me dérange au plus haut point dans la mesure où il semble être une sorte de point de départ de l’histoire du cinéma pour des générations de vidéastes et commentateurs du Septième Art. 

Les deux autres problèmes se nomment Tom Hanks et Robin Williams. Omniprésents sur les écrans, les deux acteurs ont certes parfois tenu des rôles dans des films réussis mais à vrai dire, je ne m’explique pas certains succès. J’ai choisi ici de parler du cultissime Le cercle des poètes disparus, à l’intérieur duquel Robin Williams incarne M. Keating, un professeur de lettres encourageant le libre arbitre et le refus de l’ordre, au sein d’un établissement scolaire plutôt enclin à prôner la discipline et l’exigence.

Que des adolescents apprécient le film, s’identifient aux pensionnaires de l’école et rêvent de croiser un jour la route d’un professeur aux méthodes aussi excentriques, c’est une chose. Mais j’avoue avoir du mal à concevoir l’engouement que suscite le film et sa morale auprès d’un public plus large. Certes, le propos du film est louable, apprendre à penser par soi-même est une chose essentielle dans le développement d’un jeune adulte. Mais à mon sens, Peter Weir fait ici complètement fausse route en proposant un film assez naïf et manichéen. 

La construction d’une pensée libre et complexe passe tout d’abord par une acculturation à des pensées qui nous sont antérieures. Or, le discours du film semble défendre l’idée d’une pensée qui s’auto-génèrerait. Bien sûr, une partie de ce qui est présenté dans le film – punitions physiques – est abjecte et doit évidemment être combattu. Cependant, mon côté « vieux réac jeune » comme dirait ma maman, ne peut se résigner à l’idée que la rigueur de l’apprentissage et le respect de certaines règles soient des entités contre lesquelles il convient de lutter. 

Concernant les acteurs, Robin Williams fait du Robin Williams et Ethan Hawke peine à apporter de la consistance à son personnage (dommage lorsque le récit mise à ce point sur la psychologie des uns et des autres).

L’autre problème du film, me semble être l’impression factice qui s’en dégage. Que fait un professeur aussi excentrique dans une telle institution ? Imagine-t-on un professeur se réunir dans une grotte avec ses étudiants ? Ajoutons à cela la photographie donnant une ambiance assez étrange (et réussie) au film et nous nous retrouvons face à un film semblant peiner à trouver sa place entre fable moralisatrice et pamphlet sur le puritanisme.

La mise en scène de Peter Weir ne questionne jamais le message ou les événements à l’œuvre. Elle se contente de les accompagner et de les appuyer, tout comme la musique, se refusant à toute forme d’ambiguïté. Derrière ses atours de fable philosophique, Le Cercle des poètes disparus apparaît donc comme un film relativement lisse, qui lui ne vient à aucun moment troubler l’ordre hollywoodien établi.

Ce contenu est extrait du numéro 52 de Juste Mensuel

Sommaire juste mensuel 52

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Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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