
Le ton est grave, et il y a de quoi. Le Patriarcat latin de Jérusalem, institution de l’Église catholique en Terre sainte, accuse des colons d’avoir empiété sur des terres lui appartenant dans la région de Tayasir / Hamam Il-Maleh, dans le gouvernorat de Tubas, au nord-est de la Cisjordanie occupée.
Dans un communiqué publié le mercredi 23 avril 2026, son département des dotations affirme avoir mené une réunion de terrain avec des représentants des autorités militaires israéliennes et de l’administration civile pour faire face aux conséquences de ces nouvelles atteintes. Le texte évoque des faits suffisamment sérieux pour avoir conduit au dépôt d’une plainte officielle et documentée.
بيان صحفي: التعديات الاستيطانية على أراضي البطريركية في تياسير
Press Release: Settler Encroachments on the Patriarchate’s property of Hamam Il-Maleh https://t.co/s5rBz30eKc
— Latin Patriarchate of Jerusalem (@LPJerusalem) April 23, 2026
Le Patriarcat ne parle pas d’un simple différend foncier. Il dénonce des attaques contre les habitants et des dégradations visant ses terres en plusieurs points de la zone concernée. Selon le communiqué, les autorités ont commencé à agir après la plainte, notamment par la saisie d’engins lourds utilisés dans les destructions et par l’ouverture de poursuites contre les personnes mises en cause.
L’Église catholique locale emploie des mots sans ambiguïté. Par l’intermédiaire de son département des biens religieux, elle condamne une « violation flagrante des biens de l’Église ». Elle exige « la réparation immédiate de tous les dégâts causés », la fin de toute nouvelle intrusion et une protection juridique de ses terres.
Ce point est central : il ne s’agit pas seulement d’un terrain contesté en périphérie d’un village. Ce que le Patriarcat affirme, c’est qu’on s’en prend à des biens ecclésiastiques, autrement dit à des terres relevant du patrimoine de l’Église. Et quand une institution religieuse en vient à réclamer en urgence des garanties contre de nouvelles intrusions, c’est que le seuil d’alerte est déjà dépassé.
D’après le communiqué, les représentants des autorités présents sur place ont reconnu « la gravité de la situation » et promis de faire retirer immédiatement les empiètements, tout en poursuivant les procédures judiciaires contre les responsables.
Le Patriarcat insiste également sur la situation des habitants de la région, qu’il dit continuer à soutenir. Il réaffirme son engagement à aider les populations locales à « rester fermes, à préserver leur dignité et à vivre en sécurité et dans la stabilité ». Le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, a été informé du dossier et a demandé un suivi étroit ainsi qu’un soutien renforcé aux habitants touchés.
En conclusion, le département des dotations rappelle que la défense des biens de l’Église constitue une priorité absolue. Il assure qu’il poursuivra « toutes les démarches juridiques et administratives nécessaires » pour protéger ces terres, préserver leur caractère ecclésial et défendre les droits qui y sont attachés.
Dans cette affaire, un fait ressort nettement : l’Église catholique de Terre sainte affirme que ses terres ont été visées, que des dégâts ont été causés et que les habitants du secteur ont été exposés à des attaques. À ce stade, le communiqué décrit une situation lourde, où la question n’est plus seulement celle de la propriété, mais aussi celle de la protection effective des personnes, des lieux et du patrimoine religieux.










