Le groupe Gibert, qui se présente comme le principal libraire indépendant français, a annoncé ce lundi 27 avril son intention de demander son placement en redressement judiciaire, invoquant l’érosion du marché du livre neuf. Pour faire face à cette crise, l’enseigne entend accélérer son repositionnement vers le marché du livre d’occasion, un segment en pleine expansion.
Gibert c’est 16 librairies réparties dans 12 villes et 500 salariés. Le groupe explique subir un « effet ciseau » entre l’envolée des charges fixes — loyers et énergie notamment — et l’essoufflement du marché du livre neuf, où les marges se réduisent.
Pour assurer son avenir, Gibert mise désormais sur un changement stratégique centré sur le livre d’occasion, un secteur dont la croissance atteint environ 10 % par an. L’enseigne espère doubler la part de ce segment dans ses ventes d’ici 2029 ; il représente aujourd’hui déjà 35 % de son chiffre d’affaires.
Anciennement scindé entre Gibert Joseph et Gibert Jeune jusqu’en 2017, le groupe revendique aujourd’hui une place de leader parmi les libraires et disquaires indépendants, avec plus de 500 000 références, neuves et d’occasion. En complément des livres, certains magasins proposent également vidéos et papeterie. En 2025, l’entreprise a enregistré un chiffre d’affaires de 86 millions d’euros.
Ce tournant intervient quelques années après un symbole fort du repli de l’enseigne : en 2021, Gibert avait fermé quatre librairies historiques place Saint-Michel à Paris, mettant fin à 135 ans de présence sur ce site emblématique, tout en conservant sa grande librairie proche de la Sorbonne.
Les librairies sont confrontées à des fragilités croissantes, prises entre l’érosion des habitudes de lecture et la pression exercée par les géants de la vente en ligne.










