Donald Trump veut faire baisser le prix des médicaments aux États-Unis. Bonne nouvelle pour les Américains. Mauvaise nouvelle pour vous.
Car ce que Trump exige là-bas, vous allez le payer ici…
C’est le paradoxe révélé ce 26 juin par Le Figaro : le marché américain concentre l’essentiel du chiffre d’affaires des grands laboratoires pharmaceutiques mondiaux et la majorité de leurs marges.
Quand Washington fait pression pour baisser ses prix, les labos se retournent vers l’Europe pour compenser.
La formule du cabinet d’intelligence économique Veltis, cité par Le Figaro, est lapidaire : « Pour préserver leur principal marché, qui concentre l’essentiel de leur chiffre d’affaires et la majorité de leur marge, ils devront augmenter les prix négociés en Europe… ou renoncer à y vendre leurs nouveaux médicaments ».
En clair : c’est vous qui payez la note de la politique de santé américaine. Et la France, déjà championne des prix bas en Europe, se retrouve dans la position la plus exposée du continent.
Un étau qui se resserre sur les Français
L’Administration Trump a introduit en avril un rapport annuel dit « Special 301 » qui recense les obstacles à l’exportation rencontrés par les entreprises américaines.
Pour la première fois depuis vingt ans, l’Union européenne y figure sur la liste des zones à surveiller.
Le rapport cible en particulier les baisses de prix imposées régulièrement par les autorités sanitaires européennes, et les mesures fiscales comme la clause de sauvegarde française, 1,7 milliard d’euros en 2024, 1,8 milliard prévu pour 2025.
Ces rapports sont suivis d’enquêtes, susceptibles de déclencher des mesures de rétorsion commerciales : droits de douane, quotas.
Pendant ce temps, le président du Leem, le lobby français des laboratoires pharmaceutiques, réclame « un moratoire sur les baisses de prix » et que « la clause de sauvegarde disparaisse ».
Un beau consensus entre lobbies du monde entier…
Notre dossier sur le rapport caché du Sénat sur les pénuries de médicaments montrait déjà comment la politique tarifaire de l’État a contribué à fragiliser durablement l’approvisionnement du pays.
Le tableau se complète.
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