
EMSE Publishing : après les petites voitures, les grands dictateurs
L’été dernier, EMSE Publishing ne vous avait pas pris pour des cons. Il avait lancé chez les marchands de journaux (si, si, il en existe encore) sa série Mes voitures de collection. Premier numéro : 1,99 euro. Un prix accrocheur. Dans ce cas précis, « euro » ne prend pas le « s » du pluriel. C’est intéressant à noter, surtout quand on n’a rien à dire sur le sujet en question. Reprenons : une fois le lecteur accroché, le deuxième numéro passe à 5,99 euros, et cela jusqu’au 70e, chaque numéro étant accompagné d’un modèle réduit — nettement moins coûteux que l’original. Au bout du compte, les passionnés auront quand même déboursé 415,30 euros pour la collection complète. Il faut le savoir.
Cet été, EMSE Publishing vous fera découvrir « les figures incontournables du plus grand conflit armé de l’Histoire ». Roulement de tambour, suivi d’un lever de rideau sur la femme à barbe ? Foire du trône du temps de la Goulue ? Nullement, car il s’agit de ce bon vieux Hitler et de la Seconde Guerre mondiale. Vous en aviez bien sûr entendu parler. Il fait toujours recette. Et pour seulement 1,99 euro, donc sans augmentation de prix par rapport à l’an dernier, vous aurez de quoi lire à la plage ! Des figurines, de petits bustes des dictateurs seront-ils diffusés en bonus, comme les petites voitures de l’an dernier ? Ce n’est pas indiqué dans la publicité. On lance l’idée. Qui ne rêverait de pendre un Adolf Eichmann ou un Joseph Mengele devant son pare-brise ?
Antisémitisme sur Google
Lu dans la Nouvelle Revue des sciences sociales : une chercheuse en informatique chez Google a été renvoyée à la suite de la publication d’un article. Elle était parvenue à cette conclusion : les algorithmes de Google sont racistes. Elle a raison. J’en ai la preuve. À la recherche d’un slogan sioniste, j’ai tapé : « Quelle est la devise d’Israël ? » Réponse de Google : « Taux de change des euros en shekels israéliens aujourd’hui ». À la question « Quelle est la devise des États-Unis » ? Google a en revanche répondu : « In God We Trust » (En Dieu nous croyons). Sans le détourner en « In Gold We Trust » (En l’Or nous croyons).
Planète à sauver, mais de quoi ?
Sur un fond mouvant de planète en flammes, Le Dauphiné Libéré nous alerte : « Ce jeudi, l’humanité a consommé l’entièreté des ressources que peut fournir la planète sur une année. Ce jour du dépassement des ressources de la Terre arrive cinq mois plus tôt qu’il y a 50 ans. » Que faut-il en penser ? Que faire ? Aller faire les courses sans tarder ? Dans l’incertitude j’ai décidé de faire la sieste. Après, j’aurai peut-être réussi à comprendre le message du Dauphiné.
Autrefois, la PQR (la presse quotidienne régionale) était plus simple, les nouvelles moins systématiquement déprimantes. Ainsi Le Régional de Cosne du vendredi 28 septembre 1979 n’appelait pas à sauver la planète, mais à faire « la chasse au gaspi » lors d’un jeu concours. Avec sa Visa (tout le monde savait que c’était une Citroën, donc ce n’était pas précisé dans la brève), le gagnant avait tourné en rond non pas sur un circuit, mais en plein Paris, au Champ-de-Mars. Il avait fait onze départs arrêtés à onze feux rouges. Dans le même quotidien, le club disco Le Galaxie (Le Petit-Sardat, à Boulleret) annonçait : Danseuses TOPLESS, barbe à papa gratuite à volonté, tenue correcte obligatoire. On ne s’inquiétait pas trop pour la planète en 1979.
Vaccins : après les Ehpad, les étables
Aux éleveurs qui se plaignaient d’un génocide animal après l’abattage de leurs troupeaux en contact avec des cas de dermatose nodulaire, la ministre de l’Agriculture, qui avait fait le déplacement à Chambéry, a répondu : « Cette maladie peut emporter l’intégralité du cheptel bovin français ».
L’ivermectine serait un traitement efficace, mais ne permettrait pas la vaccination. Ne pas confondre avec le covid-19. L’ivermectine n’était pas non plus disponible, mais l’abattage n’était pas préconisé officiellement.
La presse prend des vacances
La rédaction de La Croix est en vacances, alors l’édito a été envoyé, en direct de la plage, au stagiaire. Ce dernier a changé le texte, mais gardé la photo du précédent numéro. Et voilà que apparaît entre le titre « On meurt de faim à Gaza » et « En trois jours, 21 enfants sont morts de malnutrition ou de faim dans la bande de Gaza », la bouille réjouie de de l’éditorialiste. La photo a peut-être été prise à l’annonce d’une augmentation, allez savoir ! en tout cas, il ne pensait pas du tout à Gaza ce jour-là.










