
Un trésor de guerre convoité
La cible est juteuse, il faut l’avouer. La Banque de France estime le stock d’épargne des ménages français à plus de 6 000 milliards d’euros. Cette manne, patiemment constituée au prix de renoncements face à une insécurité économique persistante, avait jusqu’ici échappé au prélèvement direct. L’argument officiel ? Ces capitaux « dormants » n’alimentent pas l’économie réelle. Un sophisme qui ignore qu’ils ont déjà été amputés par l’impôt sur le revenu, la CSG et la CRDS. La logique de la double ponction semble désormais s’imposer.
C’est dit–«Il faut aller chercher l’argent où il se trouve, dans l’épargne des Français»: la députée Sophie Taillé-Polian crache le morceau
«Alors oui, il faut taxer !» (les riches), s’est enflammée la députée de Génération.s, microparti fondé Benoît Hamon, disparu des radars.… pic.twitter.com/OpeXFQJa3s
— Kompromat (@kompromatmedia) October 31, 2025
Les vrais coupables s’enfuient
Il est une évidence que ses promoteurs s’emploient à esquiver : une telle mesure n’atteindrait pas les grandes fortunes, dont les actifs sont disséminés dans des structures opaques ou à l’étranger. Non, le véritable contribuable, c’est la classe moyenne laborieuse, l’artisan ou le retraité dont les Livrets A et assurances-vie représentent l’ultime filet de sécurité. Les conséquences économiques seraient pourtant prévisibles : découragement de l’investissement, méfiance accrue envers les placements nationaux, et à terme, une érosion du potentiel productif du pays.
L’impôt comme unique horizon
Cette proposition s’inscrit dans une litanie idéologique. « Il faut taxer, taxer, taxer ! » pour financer des projets souvent aussi dispendieux qu’incertains. Pendant ce temps, la fraude fiscale, dont le montant se chiffre en dizaines de milliards d’euros annuels, demeure un serpent de mer. La solution de facilité consiste toujours à s’attaquer à l’épargne légale et déclarée, plutôt que de s’attaquer sérieusement aux dérives des dépenses publiques ou aux niches opaques.
Le syndrome de Chypre
L’histoire récente fournit pourtant des exemples édifiants. Le « bail-in » chypriote de 2013, avec ses prélèvements forcés sur les dépôts bancaires, avait provoqué un vent de panique et une défiance durable. Plus proche de nous, la fuite des capitaux consécutive aux mesures de 1981 reste dans toutes les mémoires. Exemple : Charles Gave a quitté la France. Il ne faut surtout pas faire de mesures sociales sous peine de fuite de capitaux !
Ces précédents illustrent le risque de rupture de confiance, cet élément immatériel mais vital sans lequel aucun système financier ne peut durablement fonctionner.
L’épargne, dernier rempart
Derrière cette proposition se dessine une conception de l’État non comme un garant des équilibres, mais comme un prédateur. L’épargne personnelle incarne la liberté, la capacité de chacun à se projeter et à se prémunir contre les aléas. Y toucher systématiquement, c’est saper l’autonomie des individus au profit d’une tutelle toujours plus envahissante. Le débat est donc moins technique que philosophique : qui doit disposer de l’argent des Français ? Eux-mêmes, ou ceux qui prétendent le gérer à leur place ?










