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Pascal Praud n’est pas un journaliste, c’est un symptôme. Le symptôme d’une époque où l’on se prétend insurgé pour mieux servir le palais.

La ruine comme sentence

Imaginons le spectacle : Pascal Praud, juge au tribunal de Paris. Face à lui, Aurélien Poirson-Atlan. Pas question d’emprisonnement, trop banal. Pascal Praud, dans sa clémence sélective, lui préfère la ruine absolue. La saisie intégrale du patrimoine, le compte en banque siphonné, jusqu’aux biens les plus insignifiants liquidés. Cette passion pour la confiscation, présentée comme une juste réparation pour l’« impact sur la santé » de Brigitte Jean-Michel, en dit long sur son sens de la proportion. Un sens qui fit cruellement défaut lorsque qu’il s’agit de ne pas évoquer la relation d’une enseignante de 39 ans avec son élève de 14 ans.

Le deux poids, deux mesures d’un censeur

L’indignation de Pascal Praud est une variable d’ajustement. L’homme qui se présente comme le pourfendeur des dérives et le défenseur de l’ordre républicain trouve ici des circonstances atténuantes à la justice. Zoé Sagan se transforme sous sa langue en monstre médiatique à abattre. Son crime ? Avoir usé, maladroitement ou non, de la satire. La liberté d’expression, si chèrement défendue quand elle sert sa cause, devient soudain « dégueulasse ». Son fantasme judiciaire n’est pas de punir, mais de spolier, oubliant au passage que le verdict n’est attendu que le 5 janvier 2026.



L’idéologie du service commandé

Ce zèle soudain interroge. CNews, supposée chaîne de la rébellion contrôlée par Vincent Bolloré, apparaît une fois de plus comme le relais docile de la communication de l’Élysée. Le service après-vente médiatique du pouvoir est assuré avec une régularité de métronome. Pascal Praud, dans ce ballet, endosse le rôle du procureur officieux. Un rôle qui lui sied à merveille, lui qui fustigeait hier encore les « élites » et défend aujourd’hui la plus symbolique d’entre elles avec une ferveur de novice.

Pascal Praud n’est pas un journaliste, c’est un symptôme. Le symptôme d’une époque où l’on se prétend insurgé pour mieux servir le palais. S’il détenait réellement le pouvoir judiciaire qu’il appelle de ses vœux, Aurélien Poirson-Atlan serait condamné à la déchéance. Une justice expéditive, à l’image de ses chroniques : spectaculaire, partiale, et profondément vénale.





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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