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“Je ne suis pas content de la façon dont Israël s’est comporté avec le Liban et le Hezbollah”

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Quand on fournit les armes puis qu’on critique les dégâts, on appelle ça de la surprise ou de l’hypocrisie ?

Donald Trump s’en prend maintenant à Israël pour sa manière de mener la guerre contre le Hezbollah. Lors du sommet du G7 à Évian-les-Bains, le président américain a estimé que l’offensive israélienne au Liban durait trop longtemps et tuait trop de civils.

« Israël combat le Hezbollah depuis trop longtemps et trop de personnes sont tuées », a déclaré Trump. Il a aussi critiqué les frappes contre des immeubles d’habitation : « Vous n’avez pas besoin de détruire un immeuble chaque fois que vous cherchez quelqu’un. Il y a beaucoup de gens dans ces immeubles, et ils ne sont pas tous du Hezbollah. »

Ces mots sonnent comme un reproche direct à Benyamin Netanyahou. Mais ils arrivent après des mois de soutien politique et militaire à Israël.

Trump savait qu’Israël allait frapper le Hezbollah

Avant de critiquer Israël, Trump avait déjà donné un signal clair à Netanyahou par ces mots : « Vous êtes complètement fou. Tout le monde déteste Israël à cause de ça ». Selon The Jerusalem Post, il avait fait savoir que les États-Unis soutiendraient Israël si l’armée libanaise ne parvenait pas à désarmer le Hezbollah et si Israël jugeait une opération nécessaire.

Autrement dit, Washington ne découvrait pas l’idée d’une offensive israélienne au Liban. Elle avait été discutée, acceptée, puis couverte politiquement.

C’est ce qui rend la sortie de Trump plus embarrassante. Il ne critique pas une guerre lancée sans prévenir. Il critique une guerre qu’il pensait probablement courte, maîtrisée et utile à sa stratégie régionale. Sauf que rien ne s’est passé comme prévu.

L’attaque contre l’Iran a laissé le champ libre à Israël au sud-Liban

La chronologie est importante. Pendant que les États-Unis et Israël menaient leur guerre contre l’Iran, Israël a intensifié ses opérations au Liban. Difficile de ne pas voir dans cette séquence un moment où Israël a profité du chaos régional pour avancer au sud-Liban contre le Hezbollah.

Le centre de gravité médiatique et diplomatique était alors l’Iran. Pendant ce temps, les frappes israéliennes se multipliaient au Liban, notamment dans le sud, à Beyrouth, dans la Békaa et dans la région de Baalbek-Hermel. Chatham House rappelait dès mars que la guerre contre l’Iran et l’escalade au Liban avançaient ensemble.

Trump pensait peut-être que l’affaire serait réglée vite contre le Hezbollah. Ses propres mots vont dans ce sens. Au G7, il a déclaré :

« Je ne suis pas content de la façon dont Israël s’est comporté avec le Liban et le Hezbollah. Ils auraient dû pouvoir faire le travail plus vite. Ça dure éternellement. Et quand ça arrive, ça donne une mauvaise image du grand accord, celui avec l’Iran. »

Cette phrase est centrale. Quand Trump dit qu’Israël aurait dû « faire le travail plus vite », il reconnaît implicitement qu’il savait ce qu’Israël essayait de faire. Son problème n’est pas seulement l’offensive. Son problème, c’est qu’elle dure, qu’elle tue trop de civils et qu’elle gêne son accord avec Téhéran.

Les armes américaines au cœur de la guerre israélienne

La critique de Trump paraît encore plus contradictoire quand on regarde le soutien militaire américain à Israël.

Le département d’État américain affirme que l’administration Trump a approuvé des milliards de dollars de ventes militaires majeures à Israël depuis son retour au pouvoir. En janvier 2026, Washington a aussi validé plusieurs ventes d’armes, dont des hélicoptères Apache, des véhicules militaires et du matériel blindé, pour plusieurs milliards de dollars.

Ces armes ne sont pas un détail technique. Elles donnent à Israël les moyens de mener ses opérations, y compris au Liban. Quand Trump reproche aujourd’hui à Israël de détruire des immeubles et de tuer trop de civils, il oublie de dire que la puissance militaire israélienne repose en grande partie sur l’argent, les armes et la protection diplomatique des États-Unis.

Trump critique les conséquences d’une stratégie qu’il a accompagnée

La position de Trump est donc difficile à défendre politiquement. Il a soutenu Israël, armé Israël, couvert Israël, puis il s’indigne quand Israël va trop loin au Liban.

Il reproche à Netanyahou d’avoir abîmé son accord avec l’Iran. Il reproche à l’armée israélienne d’avoir mis trop de temps contre le Hezbollah. Il reproche aussi les morts civiles, alors que ces morts sont le résultat d’une guerre menée avec un soutien américain massif.

Trump tente maintenant de se placer au-dessus de la mêlée, comme s’il découvrait les méthodes israéliennes au Liban. Mais ses propres déclarations montrent autre chose : il savait qu’Israël voulait frapper le Hezbollah, il pensait que l’opération serait rapide, et il ne prend ses distances qu’au moment où la guerre devient trop longue, trop visible et trop coûteuse pour ses propres objectifs diplomatiques.



Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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