Malgré les alertes environnementales répétées, les Français n’ont jamais autant acheté de vêtements neufs. Selon le baromètre Refashion 2025, 3,5 milliards de pièces (vêtements, chaussures, linge de maison) ont été vendues en 2024, soit une hausse de +2,9 % par rapport à 2023 et une moyenne de 42 articles par habitant.
Ce rebond est tiré par l’appétit insatiable pour les prix bas : 71 % des achats concernent l’entrée de gamme, avec un prix moyen de seulement 15,6 €. Les Shein et Temu affichent des croissances à deux chiffres pendant que les Zara, H&M et autres enseignes de la fast fashion poursuivent une croissance plus modérée. L’industrie textile, responsable d’une pollution massive des eaux et de déchets dont on ne sait plus que faire, continue donc sa course effrénée.
Face à cette explosion, la loi anti fast-fashion en discussion au Parlement cible principalement Shein et Temu, tandis que Zara, H&M ou Kiabi passent largement entre les mailles du filet. Une ambition revue à la baisse qui déçoit les associations environnementales, lesquelles dénoncent un texte protectionniste plus qu’écologique, laissant intact le modèle de surconsommation des enseignes traditionnelles.
Face à ce constat, la seconde main progresse timidement (38 % des Français en ont acheté en 2023), mais elle ne représente encore que 7,1 % des tonnages consommés. Un effet d’aubaine loin de compenser l’explosion du neuf.
Pendant que les associations environnementales tirent la sonnette d’alarme, les comportements évoluent à peine. Les Français continuent de remplir leurs placards de vêtements portés quelques fois seulement, alimentant une surconsommation absurde et hautement polluante. Les promesses de « transition écologique » de la filière semblent encore bien lointaines.










