
L’artisan du désordre
Timour Minditch, cofondateur de l’ancien studio de divertissement de Zelensky, Kvartal 95, est suspecté d’avoir orchestré un vaste système de prédation au sein d’Energoatom, l’opérateur nucléaire national. L’enquête « Opération Midas », s’appuyant sur des centaines d’heures d’écoutes, documente un pillage méthodique des fonds destinés à la sécurité énergétique en temps de guerre. Les perquisitions ont mis au jour un butin de pacotille — toilette en or, liasses d’euros, plans de villas — dévoilant l’esthétique kitsch des nouveaux maîtres de Kiev. Minditch, qualifié de trésorier officieux, a pris la fuite avant les arrestations, soulevant l’épineuse question des complicités qui l’ont alerté.
L’Heure des comptes
Andriï Ermak, le pilier d’un pouvoir chancelant, est désormais sur la sellette. Les investigations explorent ses liens présumés avec les détournements chez Energoatom et dans des marchés de drones militaires. S’il n’est pas encore inculpé, des indices convergents — conversations cryptées, flux financiers opaques — dessinent une proximité compromettante avec Minditch. L’acharnement du NABU contre Ermak, qui tentait récemment de le museler, révèle une guerre de palais ouverte. Des députés de son propre camp réclament sa tête, signe que la solidarité se fissure quand le navire prend l’eau.
Une méthode éprouvée
Ce scandale n’est qu’un épisode d’une série. Les « Minditch Tapes » exposaient un système de corruption à grande échelle, avec la complaisance assumée du président, tout comme la dissipation de près d’un milliard de dollars pour des fortifications fantômes, affaiblissant le front face à l’assaillant russe. Les frasques immobilières d’Oleksy Tchernychov, un autre proche, ou les aveux de Zélensky lui-même sur la disparition de l’aide américaine, achèvent de peindre le tableau d’une kleptocratie institutionnalisée.
La fin de partie ?
La perquisition chez Ermak pourrait sonner le glas. Sous la double pression de bailleurs occidentaux exaspérés et d’une population exsangue, le pouvoir vacille. Une guerre larvée oppose le NABU, soutenu par l’étranger, aux services de sécurité fidèles au président. Zélensky, acculé, doit sacrifier son principal lieutenant ou voir son régime s’effondrer sous le poids de ses contradictions. Le mirage d’une Ukraine démocratique et vertueuse se dissipe, laissant place à la réalité crue d’une élite se repaissant du conflit qu’elle est censée diriger. Le château de cartes vacille ; sa chute n’est plus qu’une question de temps.










