Depuis 2022, le gouvernement suédois impose un virage éducatif vers les livres et le papier dans les écoles, notamment pour enrayer la chute du niveau en lecture, au grand dam des acteurs du numérique et d’une partie des enseignants.
À Nacka, les lycéens replongent dans les manuels et les feuilles imprimées, une bascule assumée par les autorités. “Nous essayons de nous débarrasser des écrans autant que possible”, affirme Joar Forsell. L’exécutif parie sur un retour aux fondamentaux pour restaurer la concentration et les compétences en lecture, alors que près d’un quart des élèves ne maîtrisent plus les bases selon les dernières évaluations internationales.
Après une décennie d’équipement massif, la Suède fait face à un paradoxe. Selon un rapport récent de l’Organisation de coopération et de développement économiques, l’usage intensif des écrans peut nuire aux résultats, notamment en mathématiques, tout en restant préférable à leur absence totale. Andreas Schleicher souligne un déploiement technologique trop rapide, sans cadre pédagogique solide. Comme le rapporte la BBC, les classes se retrouvent saturées de distractions et les performances en recul dans les classements internationaux.
Ce retour au papier inquiète les entreprises du secteur. “Tout le monde a besoin de compétences numériques de base pour entrer sur le marché du travail”, prévient Jannie Jeppesen. À l’heure où 90 % des métiers exigent des compétences numériques, selon l’Union européenne, certains redoutent une génération mal préparée et un affaiblissement de l’écosystème tech suédois.










