
Le parquet antiterroriste ouvre une enquête
Le Parquet national antiterroriste a ouvert une enquête jeudi 6 août 2026 après la diffusion d’une vidéo du Front de libération nationale corse-Union des combattants, le FLNC-UC.
Pour nous soutenir, veuillez désactiver votre bloqueur de publicités.
Publicité
Les images proviennent d’une conférence de presse clandestine révélée par Corse-Matin, seul journal convié. Une quinzaine de militants armés y apparaissent dans un lieu tenu secret. Ambiance comité d’accueil, mais sans brochure touristique ni verre de bienvenue.
Le mouvement vise directement les personnes venues vivre sur l’île. Il leur adresse cet avertissement : « En attendant que nos droits nationaux soient reconnus et respectés, nous n’avons qu’un message à leur adresser : restez chez vous. » Et pour éviter tout malentendu : « Dans le cas contraire, ne vous considérez pas en sécurité sur notre territoire national. »
📂🇫🇷FLASH INFO – Une enquête préliminaire, pour notamment, « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme », a été ouverte par le parquet national antiterroriste après une conférence de presse clandestine du Front de libération nationale corse (FLNC-UC) pic.twitter.com/4cpNj9YKd6
— Tribune Populaire🌐 (@TribunePop23) August 6, 2026
L’autonomie de Paris qualifiée de « mascarade »
Le FLNC-UC rejette également le projet de loi constitutionnelle sur l’autonomie de la Corse, adopté par l’Assemblée nationale le 23 juin 2026 et désormais transmis au Sénat.
Selon l’organisation clandestine, ce processus constitue une « mascarade » qui aboutirait à « la négation de l’existence de notre peuple et au reniement des principales revendications de ces dernières décennies ».
La macronie pensait probablement avoir trouvé sa formule magique : quelques nouveaux pouvoirs locaux, une révision de la Constitution et beaucoup de communication sur un accord « historique ». Le FLNC considère au contraire que Paris repeint la façade sans toucher aux fondations.
Pour nous soutenir, veuillez désactiver votre bloqueur de publicités.
Publicité
Le groupe s’en prend aussi aux partis nationalistes favorables au processus, notamment Femu a Corsica, Core in Fronte et le Parti de la nation corse. Il leur reproche une « duperie sans précédent » et appelle à créer « un nouveau rapport de force politique ». Avec quinze fusils dans le décor, la définition du rapport de force semble déjà assez précise.
Résidences secondaires et dépossession foncière
Derrière les menaces, le FLNC remet au centre la spéculation immobilière et la multiplication des résidences secondaires. Il dénonce une « colonisation de peuplement galopante », alimentée selon lui par l’arrivée annuelle de près de 5 000 personnes, « dont une grande majorité de Français ».
Le logement constitue depuis longtemps un point de rupture en Corse. Les prix élevés, la pression touristique et la transformation d’habitations en résidences secondaires nourrissent le sentiment que les habitants perdent progressivement l’accès à leur propre terre.
Le spectre d’un retour de la violence politique
Le FLNC assure vouloir poursuivre ses « efforts de paix, pour l’heure unilatéraux ». Une formulation assez singulière lorsqu’elle accompagne l’ordre de rester chez soi sous peine de ne plus être en sécurité.
La dernière grande série d’attentats revendiquée par le mouvement remonte à octobre 2023. Quarante-cinq explosions avaient alors visé principalement des résidences secondaires, ainsi qu’un ancien centre des impôts à Ajaccio, sans faire de blessés.
Pour nous soutenir, veuillez désactiver votre bloqueur de publicités.
Publicité
Paris peut continuer à présenter son projet d’autonomie comme l’aboutissement d’un dialogue exemplaire. Sur le terrain, une partie du nationalisme corse considère déjà ce texte comme périmé. Entre la communication de l’Élysée et les menaces du FLNC, les Corses se retrouvent une nouvelle fois coincés entre deux mises en scène dont ils risquent de payer le prix réel.










