
« Démocratie en kit » : le cheval de Troie des ZFE
Comme certains observateurs l’ont souligné, cette méthode ne trompe personne : quand une mesure réprouvée ne passe pas en pleine lumière, on la rafistole en sous-main par voie d’amendement. Le gouvernement caressait l’idée de conserver un squelette légal aux ZFE, tout en assouplissant un dispositif haï des automobilistes modestes et des artisans depuis son lancement poussif en 2019. Une vingtaine de métropoles auraient dû s’y coller ; beaucoup y sont allées en traînant les pieds.
🇫🇷🚗 Le gouvernement propose un amendement pour réintégrer les ZFE, mais cette fois au niveau local, avec les maires et les intercommunalités.
Quand une loi ne passe pas, ils la font passer en douce via des amendements et autres processus « démocratiques ». pic.twitter.com/5ykq8KfGLY
— Tribune Populaire🌐 (@TribunePop23) April 14, 2026
Vote cinglant : l’Assemblée sonne le glas
L’amendement gouvernemental a été balayé : 192 voix contre, 149 pour. Quelques minutes plus tard, le projet de loi de simplification était adopté (275 pour, 225 contre), entérinant par ricochet la suppression définitive des ZFE. Celle-ci avait déjà été actée en commission mixte paritaire début 2026, grâce à une alliance contre-nature entre LR, RN et LFI sur ce seul point. Le bloc central, lui, joue désormais la montre en espérant un recours au Conseil constitutionnel, déjà saisi par des socialistes inconsolables.
Petits arrangements avec l’air pur
Les ZFE, gloire éphémère du premier quinquennat macronien, devaient asphyxier les véhicules les plus sales (Crit’Air 3, 4, 5, voire 2 selon les villes). Le bilan : des ménages précaires contraints à la casse, des auto-entrepreneurs en rogne, et des zones périurbaines transformées en parkings à ciel ouvert. Le gouvernement aura tenté jusqu’au bout une version optionnelle, décentralisée, presque aimable – mais la majorité parlementaire, lassée des bons sentiments à essence, en a décidé autrement.
La navette sénatoriale, dernier suspense en date
Le texte part maintenant au Sénat, avec un vote prévu le 15 avril 2026. Si les sénateurs ne bronchent pas, la loi sera définitivement adoptée, à moins d’un coup de ciseau constitutionnel. Une séquence qui résume à elle seule l’écologie à la française : beaucoup d’incantations, peu de réalisme social, et un gouvernement qui finit toujours par reculer quand il ne peut plus passer en force.










