
Un projet pharaonique aux relents colonialistes
Sous le nom de code « The Great Trust », un plan ambitieux promet de métamorphoser Gaza en une vitrine économique, avec des zones franches, des îles artificielles et une valorisation à 324 milliards de dollars. Imaginé par des investisseurs israéliens et soutenu par des consultants internationaux, ce projet évoque les mirages de Dubaï ou de Miami. Mais à quel prix ? Le déplacement de 500 000 Palestiniens, pudiquement présenté comme une « relocalisation », trahit une volonté de redessiner la démographie de l’enclave. Les terres, gérées par un trust israélien, ne seraient rendues qu’une fois Gaza « démilitarisée et déradicalisée » – des termes qui sonnent comme un ultimatum colonial.
🇬🇧I La main ensanglantée de Tony Blair@MoatsTV#tonyblair #gaza
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Tony Blair, l’ombre d’un passé controversé
Au cœur de cette tempête, le Tony Blair Institute (TBI) joue un rôle ambigu. Officiellement, l’organisation dément toute implication directe, se contentant d’admettre que deux de ses employés ont participé à des « discussions informelles ». Pourtant, les documents internes, comme le « Gaza Economic Blueprint », trahissent une proximité troublante avec les architectes du projet. Tony Blair, ancien émissaire pour le Proche-Orient et figure honnie pour son rôle en Irak, semble recycler son aura de « faiseur de paix » dans une entreprise où les profits priment sur l’éthique. Son institut, censé promouvoir des solutions globales, se retrouve ainsi éclaboussé par des soupçons de complicité dans une opération à la moralité douteuse.
Un casting douteux : BCG, Tesla, IKEA et Trump
Le projet « The Great Trust » ne manque pas d’éclat dans son casting. Le Boston Consulting Group (BCG), initialement impliqué, s’est retiré en mai 2025, invoquant des « raisons éthiques ». Des logos de géants comme Tesla ou IKEA flottent dans les documents, bien que leur implication reste floue – un parfum de greenwashing ou de coup marketing ? Plus inquiétant, le plan a été transmis à l’administration Trump, qui rêve de faire de Gaza une zone sous influence américaine, une « Riviera » à la sauce MAGA. Cette convergence d’intérêts entre élites économiques et politiques occidentales interroge : qui sert-on vraiment dans cette reconstruction ?
Blockchain et jetons numériques : la modernité au service de l’expropriation
Pour parachever ce tableau dystopique, « The Great Trust » mise sur la technologie blockchain pour gérer les terrains publics de Gaza. Des jetons numériques permettraient de contrôler les terres, transformant un bien collectif en actif spéculatif. Cette innovation, présentée comme un gage de transparence, cache mal son objectif : faciliter l’appropriation des ressources palestiniennes sous un vernis de modernité. Quand la technologie sert à légitimer l’injustice, on touche au summum du cynisme capitaliste.
Accusations de nettoyage ethnique : un silence assourdissant
Les critiques fusent, et pour cause : déplacer un demi-million de Palestiniens sous prétexte de développement économique frôle l’accusation de nettoyage ethnique. Des observateurs internationaux dénoncent une tentative de vider Gaza de sa population autochtone, sous couvert de promesses touristiques. Les pays arabes, eux, s’indignent de voir leurs propositions de gouvernance palestinienne balayées par des plans occidentaux. Face à ces accusations, le silence du TBI et de ses partenaires est éloquent – un mutisme qui vaut presque aveu.
Quand le peuple élu tenait la clé des élections
En février 2024, Jared Kushner, promoteur immobilier et gendre de Trump, partait à la conquête des voix sionistes aux États-Unis. Argument de campagne : avec un bon nettoyage ethnique, « Les propriétés de la plage de Gaza peuvent prendre une grande valeur… si les gens se concentrent sur la construction de logements ».
Il n’y a pas que l’immobilier. Le gaz est aussi intéressant. À 30 km au large, dans les eaux territoriales palestiniennes, se trouve un gros gisement de gaz naturel, Gaza Marine, estimé à 30 milliards de mètres cubes d’une valeur de plusieurs milliards de dollars. D’autres gisements de gaz et de pétrole, selon une carte établie par la U.S. Geological Survey (agence gouvernementale étasunienne), se trouvent en terre ferme à Gaza et en Cisjordanie.










