
Ce soir-là, Jérôme livrait un récit glaçant, décrivant l’emprise psychologique de son bourreau, les menaces, les manipulations, et cette justice qui, après avoir enfin reconnu les faits, s’était contentée d’une condamnation dérisoire : 5 ans de prison, dont 4 avec sursis. « La société a trouvé normal ce qu’il a fait. Il n’y a pas de justice. Je n’ai pas envie de vivre. » Ses mots résonnaient comme des coups de massue, révélant l’ampleur de l’injustice. Pour sa famille, le calvaire ne s’est pas arrêtée là : « Pour les frais de justice, on a été obligés de vendre le pavillon. » Une double peine, financière et morale, pour des parents déjà rongés par la culpabilité de n’avoir rien vu.
Jérôme, lui, reste prisonnier de son passé. « Je suis encore à quatre ans. J’ai beau avoir vingt-deux ans, je suis encore tout petit au fond de moi. » Son témoignage, recueilli avec une rare humanité par Mireille Dumas, était un cri dans le vide d’une époque où la pédocriminalité était déjà un sujet que l’on préférait ignorer.
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