Un trajet Paris-Lyon coûte désormais 80 euros en aller-retour, avec des hausses tarifaires annuelles systématiques depuis 2023. Arnaud Montebourg, ancien ministre de l’Économie, dénonce une « rente en or massif » pour les concessionnaires privés, dont les profits ont atteint 76 milliards depuis 2006, soit cinq fois le montant de la privatisation.
Selon l’Inspection générale des finances, les tarifs seraient surévalués de 58 %, une aberration confirmée par la Cour des comptes et une commission sénatoriale. Comme le rapporte The Epoch Times, chaque euro de péage cache une réalité mal connue : 33 % partent en dividendes aux actionnaires, un ratio bien supérieur à celui de géants comme LVMH ou Total.
« Les autoroutes sont devenues une rente en or massif pour les concessionnaires privés » tonne Arnaud Montebourg. Face à cette « surfacturation », l’avocat Christophe Lèguevaques a lancé une action collective via Myleo.legal pour exiger le remboursement rétroactif des sommes perçues sur cinq ans. Il compte saisir le Conseil d’État pour faire constater l’illégalité des hausses tarifaires, indexées sur l’inflation malgré l’interdiction légale. Une procédure longue, mais qui pourrait rapporter jusqu’à 58 % des sommes payées aux plaignants.
Le gouvernement, comme à son habitude, temporise. Plutôt que de nationaliser ou de bloquer les tarifs, il attend la fin des contrats, prévue entre 2032 et 2037. Pendant ce temps, les automobilistes continueront de payer le prix fort. Les sociétés concessionnaires, comme l’Asfa, défendent une gestion « rigoureuse et transparente » et rappellent la qualité du réseau français. Pourtant, on sait que ces mêmes sociétés bénéficient d’une exception leur permettant d’indexer les tarifs sur l’inflation, pratique normalement interdite. Jusqu’à quand les usagers paieront-ils pour enrichir des actionnaires plutôt que d’améliorer les infrastructures ?










