
Des chefs d’accusation accablants
L’acte d’accusation, dévoilé par le Département de la Justice, est sans appel. David Morens est poursuivi pour conspiration contre les États-Unis, destruction et falsification de documents, ainsi que pour dissimulation de preuves fédérales. Pendant seize ans, cet homme a conseillé les plus hauts responsables de la NIAID, façonnant les politiques de recherche sur les coronavirus. Ironie du sort : c’est précisément son expertise qui l’a conduit devant les juges.
Wuhan, une subvention et des mensonges
Tout a commencé avec une subvention controversée : « Comprendre le risque d’émergence des coronavirus de chauves-souris ». Attribuée à une entreprise non nommée (Company #1), celle-ci avait été en partie sous-traitée à l’Institut de virologie de Wuhan (WIV). Quand le National Institutes of Health (NIH) a résilié le financement, officiellement en raison des soupçons pesant sur le laboratoire chinois, David Morens et ses complices ont décidé de passer à l’action. Leur objectif ? Faire rétablir les fonds et étouffer l’hypothèse d’une fuite de laboratoire.
Gmail, vins et « canaux parallèles »
Anticipant les demandes de transparence via la Freedom of Information Act (FOIA), David Morens et ses acolytes ont eu une idée lumineuse : utiliser son compte Gmail personnel pour échanger des informations sensibles. Ainsi, les communications compromettantes – documents internes du NIH, pressions pour refinancer Company #1, brouillons de lettres destinées à la direction – échappaient aux archives fédérales. Cerise sur le gâteau : Co-Conspirator 1, reconnaissant pour les « manœuvres en coulisses » de Morens, lui aurait offert du vin livré à domicile en remerciement. Un cadeau « mérité », selon l’accusation, après la publication d’un commentaire scientifique niant l’origine artificielle du COVID-19. Et ce n’est pas tout : des repas dans des restaurants étoilés Michelin (à Paris, New York et Washington) auraient aussi été promis.
La réaction des autorités : un abus de confiance « profond »
Todd Blanche, procureur général par intérim, n’a pas mordu sa langue : « Ces allégations révèlent un abus de confiance scandaleux, à un moment où les Américains avaient besoin de vérité. David Morens et ses complices ont délibérément caché des informations pour étouffer les théories alternatives sur les origines du virus. » Kash Patel, directeur du FBI, a enfoncé le clou : « Contourner les règles pour éviter la transparence ? Intolérable. Surtout quand on découvre que ces dissimulations s’accompagnaient de pots-de-vin. »
Et Fauci dans tout ça ?
Officiellement, Anthony Fauci n’est ni nommé ni mis en cause. Officieusement, cette affaire jette une ombre de plus sur l’héritage de l’homme qui a incarné la lutte contre le COVID-19 aux États-Unis. David Morens, lui, plaidera sa cause la semaine prochaine. S’il est reconnu coupable, il risque jusqu’à 20 ans de prison pour destruction de documents, et 5 ans pour conspiration. Une première comparution a déjà eu lieu lundi. La présomption d’innocence reste de mise… mais les preuves s’accumulent.
Une enquête qui en dit long
Cette inculpation s’inscrit dans la continuité des enquêtes parlementaires menées par le Congrès sur la gestion de la pandémie. Le FBI et l’Office of Inspector General du Department of Health and Human Services (HHS-OIG) ont mené l’enquête. Un rappel cruel : la science, parfois, se négocie. Et la vérité, souvent, se cache.










