
Téhéran, Bushehr, et l’art de la destruction sélective
À Téhéran, l’hôpital Gandhi, symbole d’une médecine accessible, n’est plus qu’un amas de béton et de ferraille depuis le 2 mars. Dans la province de Bushehr, un centre hospitalier a été rayé de la carte, forçant l’évacuation chaotique de centaines de patients – certains mourant en route, faute de soins. L’Institut Pasteur, joyau de la recherche médicale iranienne, a été touché. Ironie macabre : un lieu dédié à la lutte contre les épidémies se retrouve lui-même en état d’urgence sanitaire. Quant à l’unité pharmaceutique spécialisée dans les anticancéreux, sa destruction condamne des milliers de malades à une lente agonie, privés de traitements vitaux.
J’imagine que ça fait partie du « plan » ? https://t.co/LbBVZL9s0E
— Marcel D. (@DubreuilhMarcel) April 18, 2026
La santé mentale, nouvelle victime de la « guerre propre »
L’hôpital psychiatrique Delaram Sina, bombardé sans sommation, illustre l’absurdité d’un conflit où même les esprits brisés deviennent des cibles. Les patients, déjà fragiles, se retrouvent jetés dans la rue, leurs dossiers médicaux réduits en cendres. Les psychoses s’aggravent, les dépressions s’enveniment, et les équipes soignantes, débordées, doivent choisir entre sauver des vies physiques ou tenter de panser des âmes en lambeaux. La guerre ne tue pas seulement les corps : elle anéantit les esprits.
Le Croissant-Rouge iranien sous les décombres
Près de 17 centres du Croissant-Rouge détruits, une centaine d’ambulances hors service, des cliniques transformées en ruines : le bilan est sans appel. Les « dommages collatéraux » deviennent systématiques, et les « erreurs de ciblage », une constante. Les équipes médicales, déjà en sous-effectif, doivent désormais opérer dans des conditions dignes d’un siècle passé, avec des moyens dignes d’un pays en faillite. La logique est implacable : affaiblir l’Iran, c’est d’abord asphyxier sa population.
L’hypocrisie du droit international
Les autorités iraniennes hurleront au crime de guerre, l’OMS publiera des communiqués indignés, et les chancelleries occidentales haussent les épaules. Les Conventions de Genève ? Un texte parmi d’autres, quand il s’agit de « neutraliser » un adversaire. Pourtant, les faits sont têtus : bombarder un hôpital n’est pas une bavure, c’est une méthode. Une méthode qui vise à briser les reins d’un pays en s’attaquant à ses points vitaux – ses médecins, ses chercheurs, ses malades.
L’Iran face à l’équation impossible
Comment soigner quand les médicaments manquent ? Comment sauver des vies quand les ambulances brûlent ? L’Iran est aujourd’hui confronté à un choix qu’aucun pays ne devrait avoir à faire : abandonner ses malades, ou voir son système de santé s’effondrer sous les bombes. Les États-Unis et Israël appellent cela une « opération de défense ». Le monde devrait l’appeler ce qu’elle est : une boucherie organisée.
Et demain ?
Les alertes de l’OMS sont claires : rupture des chaînes d’approvisionnement, propagation des maladies, effondrement des programmes de santé. Mais à Washington comme à Tel-Aviv, on préfère parler de « succès tactiques ». La santé des Iraniens n’est qu’une variable d’ajustement dans une partie d’échecs géopolitique où les pions sont des vies humaines.
La question n’est plus de savoir si le droit international sera respecté. Elle est de savoir combien de cadavres il faudra pour que le monde ouvre enfin les yeux.










