
Hossein Kermanpour, porte-parole du ministère, a qualifié cette attaque de « crime contre la sécurité sanitaire mondiale », tandis que le président Massoud Pezeshkian a interpellé l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Comité international de la Croix-Rouge, leur demandant de réagir face à ce qu’il décrit comme une « campagne systématique de destruction des infrastructures médicales iraniennes ».
Guerre au Moyen-Orient: des frappes ont fortement endommagé l’Institut Pasteur à Téhéran, selon le ministère de la Santé pic.twitter.com/12JPWVrELO
— BFM (@BFMTV) April 2, 2026
Une méthode, pas un accident
Depuis le déclenchement du conflit fin février, la coalition a méthodiquement ciblé hôpitaux, usines pharmaceutiques et centres de recherche. Selon les chiffres officiels iranien, huit sites de production de médicaments et une soixantaine d’établissements de santé ont déjà été touchés. L’objectif ? Affaiblir la résilience du pays, non seulement sur le plan militaire, mais aussi sur celui de la santé publique.
Créé en 1920-1921 sous l’égide de l’Institut Pasteur de Paris, le centre de Téhéran illustre, malgré lui, les contradictions de la « mission civilisatrice » occidentale. Bien que reconnu pour ses avancées historiques dans la lutte contre la peste ou la variole, son héritage reste celui d’une institution implantée dans un contexte d’influence étrangère, avant de devenir un acteur local majeur. Aujourd’hui, ses recherches sur le cancer, la sclérose en plaques ou les maladies chroniques en faisaient l’un des rares remparts contre l’effondrement sanitaire dans une région étranglée par les sanctions. Sa destruction n’est donc pas qu’un crime contre l’Iran : c’est un sabotage délibéré des dernières infrastructures médicales encore accessibles à des millions de patients, condamnés à se tourner vers des traitements hors de prix… ou à s’en passer.
Quand les bombes deviennent les nouveaux trophées
Les images des décombres de l’Institut Pasteur, diffusées en boucle par les médias iraniens, ne laissent aucun doute : il ne s’agit plus d’une guerre conventionnelle, mais d’une entreprise de démantèlement systématique des infrastructures civiles. Hossein Kermanpour l’a martelé : « Attaquer un centre de recherche médical centenaire, c’est attaquer la santé mondiale. »
Pour Téhéran et ses alliés, cette stratégie relève d’une logique punitive : sanctions économiques, blocus, frappes sur les infrastructures vitales. L’objectif ? Réduire l’Iran à l’impuissance, humilier un pays qui, malgré les embargos, avait réussi à développer une industrie pharmaceutique autonome et une recherche médicale de pointe.
L’hypocrisie occidentale et le silence complice
Alors que les capitales européennes et les organisations internationales multiplient les déclarations sur le « respect du droit humanitaire », les frappes se poursuivent. Aucune condamnation ferme n’a été émise par les chancelleries occidentales, ni par les instances onusiennes. Pire : l’Institut Pasteur de Paris, partenaire historique du centre iranien, est resté muet, comme si la destruction d’un symbole de la coopération scientifique internationale n’était qu’un dommage collatéral acceptable.
Sur place, le correspondant de BFMTV, Siavosh Ghazi, a décrit une atmosphère surréaliste : « La vie continue dans les parcs de Téhéran, comme si de rien n’était, tandis que les hôpitaux brûlent à quelques kilomètres. » L’Iran, lui, promet des « représailles dévastatrices », mais dans l’immédiat, ce sont les malades — ceux qui dépendaient des médicaments produits localement, ceux qui attendaient des traitements expérimentaux — qui paient le prix fort.
Vers un effondrement sanitaire organisé ?
Cette frappe contre l’Institut Pasteur s’inscrit dans une logique de guerre totale, où les objectifs militaires cèdent le pas à une volonté d’asphyxie civile. En détruisant les laboratoires, en privant la population de soins, la coalition d’Epstein ne se contente pas de frapper l’Iran : elle prépare le terrain à des crises sanitaires futures, où les épidémies pourraient faire plus de victimes que les bombes.
Jusqu’où ira cette croisade ? Jusqu’à ce que les derniers hôpitaux soient en ruine, que les derniers chercheurs aient fui et que l’Iran, puissance médicale régionale, ne soit plus qu’un désert sanitaire ? L’Histoire jugera.










