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Primo Levi et Jorge Semprún, embarqués malgré eux
Le 28 juillet 2025, Matthieu Longatte « @lebjrtristesse » écrit à un utilisateur :
Relis Primo Levi, relis George Semprun, en espérant que leur humanité ne t’étouffe pas.
Une pique acerbe, visant à critiquer la défense présumée de politiques israéliennes, accusées de causer des morts. Primo Levi, auteur de Si c’est un homme, et Jorge Semprún, rescapé de Buchenwald avec L’Écriture ou la vie, sont brandis comme symboles d’humanité face à l’horreur. Mais l’OJF, dans son communiqué, se garde bien de citer ce passage, se contentant de parler d’une « insulte à leur mémoire ». Vraiment ? Invoquer ces écrivains pour critiquer le sionisme, même avec un ton provocateur, fait-il de vous un antisémite ? Dans son communiqué, l’OJF le pense, mais oublie d’expliquer pourquoi.
« Ferme ta gueule sale sioniste » – « Israël = SS »
L’Observatoire Juif de France porte plainte contre @lebjrtristesse pour injures antisémites, incitation à la haine et banalisation de la Shoah.
L’impunité numérique doit cesser.https://t.co/w7USSAgxJe
#Antisémitisme #Justice pic.twitter.com/tQOnn7IWLQ— Observatoire Juif de France (@ObservatoireOjf) July 31, 2025
En collant l’étiquette « antisémite » sur des propos qui ciblent le sionisme, l’OJF fait un flop monumental. Mais l’utilisateur est clair : il parle des « sionistes », pas des Juifs. En criant à l’antisémitisme à tout bout de champ, l’OJF se tire dans le pied. Oui, comparer Israël aux nazis peut être outrancier et irrespectueux mais de là à qualifier ces propos d’antisémites ? C’est un raccourci qui affaiblit la lutte contre la vraie haine. Les posts de « @lebjrtristesse » critiquent une politique, pas une identité.
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Une plainte pour la galerie ?
L’OJF appelle la justice à agir, invoquant « le droit, l’histoire et la dignité humaine ». Ça sonne bien, mais ça manque de substance. Pourquoi encombrer les tribunaux pour un utilisateur qui dénonce un génocide en cours ? Si l’objectif est de combattre la haine en ligne, pourquoi ne pas s’attaquer aux réseaux sionistes racistes, à l’autosémitisme de « Marie s’infiltre » ou du Rabin Ronen Shaulov qui a déclaré que « chaque enfant de Gaza devrait mourir de faim. » ? Cette plainte sent la posture médiatique plus qu’une réelle stratégie pour protéger la mémoire de Levi et Semprún.
Pour en finir avec les raccourcis
La lutte contre l’antisémitisme mérite mieux que des amalgames hâtifs. L’OJF devrait clarifier en quoi citer Primo Levi et Jorge Semprún dans une critique du sionisme est antisémite, plutôt que de tout jeter dans le même sac. Critiquer Israël, même de façon brutale, n’équivaut pas à haïr les Juifs. En refusant cette distinction, l’association transforme une cause cruciale en une chasse aux fantômes. Un peu de nuance et de pédagogie ferait plus pour honorer la mémoire de la Shoah qu’une plainte mal calibrée.
Pour suggérer à l’OJF de viser mieux : [email protected]. Ils en auront besoin.
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