
Notre cher président semble adorer jouer au planificateur central – du moins pour les autres. Pendant que les Français seraient sommés de justifier chaque mètre carré, Emmanuel et Brigitte Macron enchaînent les séjours à l’étranger, entre diplomatie… et tenues « scintillantes » à faire pâlir les monarchies européennes. Le contribuable, lui, n’a qu’à bien compter ses mètres – et ses centimes.
Guillaume Kasbarian, ministre chargé du logement, occupant d’une chaumière à Saint-Martin-de-Nigelles et d’un logement de fonction à Paris, avait dans ses projets une loi qui aurait imposé aux bailleurs sociaux une évaluation régulière et obligatoire de la situation personnelle, financière et patrimoniale des locataires de HLM et ILM. Et cela sans augmenter le parc locatif pour reloger les expulsés. Exemple : « Son HLM est trop grand : il demande un logement plus petit. Il peine à trouver un HLM plus petit adapté à ses besoins. » C’est Capital qui nous le dit. Cela sonne vrai, sauf que c’est faux. Ce n’est pas le logement qui est trop grand, mais le loyer : « Je paie 1000 euros par mois. Avant, on payait 500 euros chacun avec mon ex-femme. Ça passait. Maintenant, je m’endette de 500 euros par mois. » Dans le cas où le paiement du loyer ne pose pas de problème financier au locataire, lui imposer un déménagement en cas de divorce, de décès d’un conjoint, aggraverait une situation difficile. De plus l’application de cette loi se heurterait à la réalité des passe-droit. Un exemple : les locataires de ILM et HLM rue Mouffetard ne sont pas des personnes en difficulté, bien au contraire. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.
Cette proposition de loi a été abandonnée, mais un rapport de l’Insee sur la sous-occupation des logements la remet sur le tapis, toujours pour notre bien, c’est-à-dire pour les 4 millions de mal-logés. Et cela dépasse le cadre des logements sociaux censés proposer un nouveau logement « plus adapté » en cas d’expulsion en cas de sous-occupation. L’interdiction de louer les logements dont le diagnostic de performance énergétique est F et G a réduit le parc locatif privé. Les passoires thermiques, par un arrêté qui devrait être signé début septembre 2025, échapperont à cette interdiction à condition d’être chauffées à l’électricité. Chauffer à l’électricité une maison mal isolée coûterait moins cher au propriétaire. C’est du moins ce que le ministre chargé du logement et le ministre chargé de l’énergie sont chargés de faire croire aux propriétaires bailleurs cet été.
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