Le Royaume-Uni franchit le pas ce jeudi, British Steel, propriété du chinois Jingye depuis 2020, est nationalisé. La loi qui le permet, le Steel Industry (Nationalisation) Act, a reçu l’assentiment royal mercredi. Le ministre de l’Industrie Chris McDonald jugeait la nationalisation “juste” dès lors que “le critère de l’intérêt public est rempli”.
L’affaire couvait depuis avril 2025. Le gouvernement avait alors pris le contrôle de fait du site de Scunthorpe pour empêcher l’extinction des deux derniers hauts fourneaux du pays. Un haut fourneau refroidi ne redémarre pas. Sans eux, plus d’acier primaire britannique, celui des rails, des infrastructures, des navires de guerre. Environ 2 700 emplois directs étaient en jeu.
Pékin ne l’entend pas ainsi. Selon la BBC, Jingye réclame jusqu’à un milliard de livres d’indemnisation et a activé la procédure prévue par le traité bilatéral d’investissement. Le groupe, qui dit perdre 700 000 livres par jour, aurait refusé une offre d’environ 100 millions. Londres évoque désormais la possibilité de ne rien verser du tout. Détail piquant relevé par le National Audit Office, le maintien du site coûte 1,3 million de livres par jour au contribuable britannique.
La sécurité nationale a donc primé sur le sacro-saint marché. Londres assume. Paris, qui a elle laissé filer tant de fleurons, prendra-t-elle des notes ?










