
Un « sentiment » d’insécurité pour un simple vol de trottinette
Corinne Simon, la préfète déléguée des Bouches du Rhône, a tenu à nous rassurer. La rixe et les coups de feu qui ont nécessité l’intervention de la police ne se sont pas déroulés « sur fond de stupéfiants et entre bandes rivales ». À l’origine, non pas un combat à coups de clubs de golf, mais un simple vol de trottinette. Donc rien que du normal. La CRS autoroutière s’est d’ailleurs immédiatement lancée à la poursuite du délinquant et l’a interpellé.
La préfète a précisé : « Je ne minimise pas la situation. C’est un secteur compliqué, celui de la cité Félix Pyat. Il y a des points de deal, il y a beaucoup de trafic de stupéfiants et de cigarettes. Oui, il y a parfois des rixes et c’est pourquoi la police intervient sans arrêt. »
Par ce choix judicieux des mots, la sous-préfète a rendu le secteur de Saint-Mauron « compliqué » alors que la pente facile aurait été de le trouver « difficile ». À l’en croire, on devrait même s’indigner que pour « parfois » quelques rixes, la police intervienne « sans arrêt ».
La police est tenue en échec à Marseille
Grâce au pilonnage des forces de police, les trafiquants ont dû passer sur un autre mode opératoire, celui de la peur. « On a franchi un cap qui est là depuis plusieurs mois. » Conclusion de Corinne SImon : il faut continuer.
L’opération antinarcotrafic Trident est un échec : 360 kilos de cocaïne saisis ont mystérieusement disparu. Le corps d’un policier, en poste à l’office antistupéfiants en région parisienne, a été retrouvé cagoulé pieds et poings liés au pied d’une falaise à Toulon. Le chef du parquet a conclu à un suicide. Mehdi Kessaci, le jeune frère du militant écologiste et figure de la lutte contre le narcotrafic Amine Kessaci, a été assassiné sur odre du chzf de la DZ Mafia depuis sa cellule. Le corps calciné d’un adolescent de 15 ans sans casier judiciaire tué de quatre balles dans le dos a été retrouvé dans un square d’un quartier nord de Marseille.
Qui veut être préfet à Marseille ?
La nouvelle préfète déléguée Corinne Simon, ex-championne d’aviron, sait naviguer, mais ne serait-elle pas une erreur de casting ? À un jour près, sa nomination à Marseille un jour avant le 1er avril 2025, n’est pas loin d’être traitée à la blague. Ainsi le préfet de région Georges-François Leclerc lui avait-il lancé dans les salons lambrissés de la préfecture : « Que tu sois dans une ville olympique n’est pas tout à fait une usurpation. » Il faisait allusion au départ précipité du préfet de police Pierre-Édouard Colliex jugé trop proche du maire DVG de Marseille. Corinne Simon n’aura pas à supporter longtemps sa mauvaise humeur légendaire de Georges-François Leclerc, puisqu’il quitte ses fonctions de préfet de région le 29 octobre pour devenir directeur de cabinet d’Emmanuel Macron. Curieusement personne ne s’est précipité pour le remplacer à la tête de la lutte contre les mafias marseillaises. Jacques Witkowski a fini par être désigné le 20 novembre. En attendant ses ordres, Corinne Simon fait ce qu’elle peut, peuchère !










