
Neuf mois : le silence en temps réel
Le Figaro rapporte que l’équipe a infiltré dès avril-mai 2025 le périscolaire de l’école publique Saint-Dominique (7e arrondissement). Caméra cachée au poing, elle a enregistré des violences verbales (cris, hurlements), des gestes limite (dont un baiser sur la bouche donné à un enfant dans la cour) et une surveillance digne d’une cour de récré abandonnée. Diffusion ? 29 janvier 2026. Soit neuf mois plus tard. Les familles crient au scandale : ce délai a laissé les enfants en zone libre. Me Julien Roelens, avocat de la famille plaignante, résume sobrement que tout ça « aurait permis de protéger les enfants ». On imagine la suite.
🇫🇷 FLASH | L’émission Cash Investigation est visée par une PLAINTE.
Les journalistes auraient gardé pendant 9 mois des images de VIOLENCES et d’au moins une AGRESSION sexuelle présuméesur des enfants (3 à 5 ans) à l’école Saint-Dominique à Paris avant de les diffuser, sans les… pic.twitter.com/Ufgs6TbG2A
— Cerfia (@CerfiaFR) April 15, 2026
Le reportage, les révélations et les vagues de fond
L’enquête « Périscolaire, établissements privés : enquête derrière le portail de nos écoles » a fait l’effet d’une bombe. Sauf que les vrais dégâts sont apparus après. Des parents, réveillés par les images, ont interrogé leurs gosses. Résultat : violences physiques et agressions sexuelles présumées (dortoir, toilettes, sieste – la carte postale de l’horreur). Neuf animateurs de Saint-Dominique ont été suspendus par la Ville de Paris fin janvier 2026 pour « violences physiques, sexuelles et posture professionnelle inappropriée » (euphémisme maison). Enquête administrative en cours.
73 familles de trois écoles (Saint-Dominique, Rapp et La Rochefoucauld) ont déposé plainte collective. Une autre plainte vise des violences physiques et sexuelles, incluant des accusations de viol. Le genre de chiffres qui fait froid dans le dos, mais pas assez pour les caméras.
« Maman, ils m’ont mis des jouets à l’intérieur »
Julie, mère de deux enfants de 3 et 4 ans à Saint-Dominique, livre un témoignage qui écorche. Après la diffusion, ses petits ont décrit des coups, des cris, des menaces de « prison », et des gestes sexuels explicites. La fillette de 3 ans a même sorti le prénom d’un inconnu jamais cité à la maison. Depuis, plus aucun des deux ne veut foutre les pieds à l’école. On applaudit l’investigation, pendant que les gosses apprennent la peur.
Un système parisien qui fuit de toutes parts
L’affaire dépasse Saint-Dominique. En novembre 2025, le parquet des mineurs de Paris avait déjà annoncé 15 enquêtes judiciaires pour agressions sexuelles sur enfants de moins de cinq ans, principalement par des animateurs périscolaires. Depuis 2023, 52 animateurs ont été écartés, dont 30 suspensions en 2025-2026 (16 pour faits sexuels). La Ville de Paris et l’Éducation nationale jouent les surprises : recrutement, formation, contrôle – tout ou presque est à revoir. Mais c’est une autre enquête.
La défense de « Cash Investigation » : « Nous, on alerte, on ne dénonce pas »
L’équipe de Cash Investigation a répondu, la main sur le cœur : sa mission est « d’informer sur des situations problématiques, d’alerter sur des dérives ou sur les défaillances systémiques », pas de se substituer à la police et à la justice. Traduction officielle : montrer les coupables en prime time, c’est bien. Leur signaler avant, c’est optionnel. L’enquête judiciaire dira si ce délai de neuf mois est une infraction ou juste une faute de goût éthique. En attendant, les familles pleurent, et les animateurs suspendus attendent leur sort. Quant à l’équipe de Cash Investigation, elle est passible de l’article 223-6 du Code pénal.
Quiconque pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un crime, soit un délit contre l’intégrité corporelle de la personne s’abstient volontairement de le faire est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.
Sera puni des mêmes peines quiconque s’abstient volontairement de porter à une personne en péril l’assistance que, sans risque pour lui ou pour les tiers, il pouvait lui prêter soit par son action personnelle, soit en provoquant un secours.
Les peines sont portées à sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende lorsque le crime ou le délit contre l’intégrité corporelle de la personne mentionnée au premier alinéa est commis sur un mineur de quinze ans ou lorsque la personne en péril mentionnée au deuxième alinéa est un mineur de quinze ans.










