
Une partie du titre publié tout d’abord en Angleterre avait été supprimée par l’éditeur américain : « Who paid the piper ? » (Qui a payé le joueur de flûte ?) avait été ainsi jetée au panier. Toute allusion en couverture au pouvoir du dollar était ainsi glissée sous le tapis.
Saunders Frances Stonor a dévoilé le programme secret de propagande de la CIA qui, à partir de 1948, fit de la culture une véritable machine de guerre contre l’influence du bloc soviétique en Europe. De considérables moyens humains et financiers ont été employés pour utiliser la littérature, la musique, l’art et la presse comme des armes idéologiques privilégiées en faveur des États-Unis.
L’art contemporain est une création de la CIA. On peut le dater de 1945. En revanche, depuis la révolution orange de Soros de 1968, la culture est sous influence sans que la CIA ait à intervenir directement. Un tour à la Foire Internationale d’Art Contemporain — nommée depuis peu Art Basel — le confirmera : les « créateurs » d’art dit contemporain ne dérangent personne, ni le système politique qui les finance ni le public qui s’en détourne. Déconnecté de toute réalité, l’art est devenu un moyen de blanchir des capitaux. L’État et les banques n’ont rien à craindre de la culture qu’ils subventionnent. En témoigne ce sketch sur l’art contemporain est une pure blague.
De très nombreuses personnalités du monde littéraire et artistique ont été généreusement rémunérées au moment de la guerre froide après la Seconde Guerre mondiale. Les services secrets américains les ont utilisés par l’intermédiaire d’espions restés inconnus ou de fondations comme la Fondation Ford et la Fondation Rockefeller. Cela n’enlève rien à la valeur des œuvres ce ces intellectuels. Certains étaient conscients de la manipulation, d’autres non. Aujourd’hui plus de besoin de l’aide directe de la CIA, l’art est devenu art officiel et l’État a pris en main la vie intellectuelle et artistique.
Qui menait la danse ? La CIA et la Guerre froide culturelle, Saunders Frances Stonor, traduction de Jean-Paul Batisse, éditions Delga.
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