Rav Ron Chaya était le grand spécialiste du « c’est la guerre, c’est fantastique ». En octobre 2024, alors que les tensions avec l’Iran montaient, il s’excitait déjà sur les plateaux et les réseaux :
« Si l’Iran nous attaque ? Pour nous, c’est fantastique, parce que l’Amérique va attaquer l’Iran, et c’est terminé. Notre grand ennemi va être ratatiné. C’est pour nous, c’est vraiment la rédemption. »
Il ajoutait même qu’il fallait « foncer » avant le 4 novembre pour profiter des élections américaines et déclencher la grande lessive des « ennemis de Dieu ».
🇮🇱 Le rabbin Ron Chaya est décédé à l’âge de 66 ans. https://t.co/HgE4Ndj6ge
— The NEWS (@thenews_fr) June 28, 2026
Le même homme qui voyait dans chaque conflit régional le signal lumineux du Messie expliquait aussi que les nations refuseraient de se battre mais qu’Israël devrait « les tirer par la tignasse de leurs chevelures » pour les obliger à entrer en guerre afin qu’Israël en sorte gagnant. C’était son plan de paix : une bonne grosse guerre mondiale qui finirait bien par accoucher du Machia’h.
Le regretté Chaya ne se contentait pas de guetter l’Apocalypse : il la vendait en kit. « C’est la guerre, le Machia’h arrive pour Roch Hachana ou Yom Kippur, on sort les shofars, les goyim sont mal barrés », lançait-il gaiement en septembre 2024. Les non-Juifs, ces fameux goyim, n’avaient qu’à bien se tenir. Quant aux Juifs qui osaient vivre normalement en France avec une « Christine » ou une « Fatima », ils allaient « expier en enfer », selon lui. L’assimilation, pire que la Shoah : sa phrase culte.
Il ne s’arrêtait pas là. Le christianisme ? « Une fiction », « un canular ». Le but des Juifs sur terre ? « Devenir des dieux ». Et si on ne mélangeait pas les sangs, on aurait pu être 700 millions aujourd’hui. Logique.
Pendant des années, ce rabbin à la yeshiva francophone de Jérusalem a passé son temps à agiter la peur, à promettre la fin des temps et à encourager ses auditeurs à couper les ponts avec le reste de l’humanité. Chaque crise au Proche-Orient devenait pour lui la preuve que « ça va très vite » et que le Messie n’allait plus tarder.
Sauf qu’il a fini par partir avant. Sans shofar, sans rédemption, sans que l’Amérique n’ait ratatiné qui que ce soit. Le Machia’h, manifestement, avait d’autres plans.










