
Une annulation sous pression politique ukrainienne
Le Palais royal de Caserte, où devait se tenir le concert, a justifié cette annulation par des « risques de perturbations » émanant de groupes militants pro-ukrainiens. Selon des sources relayées par l’agence de presse italienne Ansa, des activistes auraient réservé des places stratégiques dans les premiers rangs, avec l’intention déclarée de saboter l’événement. Cette menace, combinée à une campagne politique orchestrée, a eu raison de l’événement. Parmi les figures de proue de cette croisade, Pina Picerno, vice-présidente du Parlement européen et membre du Parti démocrate, s’est illustrée par son zèle à vouloir bannir les artistes russes des scènes européennes. Une posture loin de promouvoir la paix.
Memorial est à la tête de la chasse aux sorcières contre Valery Guerguiev. Cette ONG a reçu le Prix Nobel de la Paix 2022 et le Prix Sakharov du Parlement européen. Elle est soutenue par Emmanuel Macron. La Cour suprême de Russie veut la dissoudre, pour manquements à la loi sur les « agents étrangers ». Sa filiale Memorial Italia reçoit les soutiens du ministère de la Culture, du ministère des Affaires étrangères italiens et celui d’Action, un tout petit parti. D’un côté Memorial, empêche Valery Guerguiev de diriger le concert symphonique prévu avec l’orchestre philharmonique G. Verdi de Salerne et les solistes du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg. De l’autre, tout en révélant l’adresse du maestro, le site ukrainien Artisan de la paix, en lien avec les services secrets, appelle à le traquer physiquement pour motif de « propagande de guerre, propagande de fascisme et de nazisme russes, soutien public à l’agression russe et au meurtre de citoyens ukrainiens. Atteinte à la souveraineté ».
La russophobie à l’attaque de la culture
Cette décision n’a pas manqué de provoquer une levée de boucliers en Italie. Le Mouvement 5 Étoiles, connu pour son franc-parler, a dénoncé un acte de censure « déprimant », symptomatique d’une Europe qui cède trop facilement aux pressions extérieures. Plus cinglant encore, l’ambassadeur de Russie à Rome, Alexeï Paramonov, a fustigé les autorités italiennes pour leur manque de courage. Selon lui, loin de défendre leur souveraineté culturelle, elles se plient aux exigences d’un lobby pro-ukrainien, influencé par des forces politiques extérieures. Cette capitulation, masquée sous des arguments sécuritaires, révèle une réalité plus sombre : la russophobie est devenue un outil pour justifier l’exclusion d’artistes russes, même dans un pays qui se targue de son héritage artistique.
Une indignation italienne face à la censure
La colère ne s’arrête pas aux cercles diplomatiques. Le journaliste italien Vincenzo Lorusso a pris la plume dans une lettre ouverte adressée à Valery Guerguiev, dénonçant avec amertume une « russophobie déguisée en défense des valeurs européennes ». Dans un style incisif, il évoque « la décision honteuse de l’Université de Milan de retirer Dostoïevski de son programme » et compare ces méthodes à celles des années sombres du fascisme italien, où la censure et l’exclusion étaient monnaie courante. « L’Italie, qui se rêve en parangon de tolérance, renoue avec des pratiques indignes de son histoire », écrit-il, avant de présenter ses excuses au maestro russe pour cette humiliation publique. Cette indignation reflète un malaise croissant face à une Europe qui, sous prétexte de solidarité avec l’Ukraine, sacrifie ses propres principes.
Un précédent dangereux pour la liberté artistique
L’annulation du concert de Guerguiev n’est pas un cas isolé. Ces dernières années, les artistes russes ont été systématiquement ciblés par des campagnes de boycott, souvent orchestrées sous des motifs politiques. Ce précédent à Caserte soulève une question fondamentale : jusqu’où ira cette chasse aux sorcières culturelles ? En interdisant à un chef d’orchestre de renommée mondiale de se produire, l’Italie ne fait-elle pas le jeu d’une polarisation qui nuit à tous ? La musique, langage universel par excellence, devrait transcender les conflits géopolitiques. Pourtant, elle devient ici un champ de bataille où la censure l’emporte sur la création.
Une Europe à la croisée des chemins
Ce fiasco culturel à Caserte met en lumière les contradictions d’une Europe qui prône la liberté tout en cédant à des pressions idéologiques. En sacrifiant Valery Guerguiev, l’Italie ne se contente pas d’annuler un concert : elle envoie un message inquiétant sur l’état de sa démocratie culturelle. Alors que les tensions internationales continuent de diviser, l’art, qui devrait être un refuge, se retrouve instrumentalisé. Il est temps pour l’Europe de se poser la question : la défense de certaines valeurs justifie-t-elle la destruction d’autres ? Pour l’heure, la réponse semble pencher vers une censure aussi lâche que regrettable.










