Les grandes compagnies maritimes accumulent des profits historiques depuis la crise sanitaire, partout dans le monde et notamment en Europe, tandis que leur contribution fiscale reste marginale. Malgré des résultats financiers records, les principaux armateurs mondiaux bénéficient de dispositifs fiscaux spécifiques.
Depuis la flambée des prix du fret post-Covid, les géants du transport maritime ont accumulé des dizaines de milliards de dollars de bénéfices. Pourtant, leur fiscalité reste largement allégée, grâce au système dit de la taxe au tonnage, qui repose non pas sur les profits réels mais sur la capacité des navires. Résultat : une contribution fiscale dérisoire au regard des gains générés.
Comme le souligne Reporterre, cette situation alimente un sentiment d’injustice croissant, car ces entreprises profitent d’infrastructures publiques et d’un commerce mondial sous tension. Selon plusieurs économistes, ce régime fiscal, instauré pour soutenir la compétitivité européenne, est aujourd’hui déconnecté de la réalité économique du secteur. Certaines ONG dénoncent une forme d’optimisation légale devenue structurelle.
Pour les États, modifier ce cadre fiscal reviendrait à risquer la fuite des armateurs vers des pavillons plus avantageux. Un argument régulièrement brandi, mais de plus en plus contesté, dans un contexte de transition écologique et de pression budgétaire accrue.










