
La CIA en playlists : sept noms, sept crimes
Le film accusateur n’y est pas allé par quatre chemins. Mohammad Mossadegh (Iran, 1953), Patrice Lumumba (Congo, 1961), Salvador Allende (Chili), Jacobo Árbenz (Guatemala), Omar Torrijos (Panama), Jaime Roldós (Équateur), Juan José Torres (Bolivie) : la liste des victimes de la realpolitik américaine a défilé comme un rappel glaçant. Même Martin Luther King Jr. y a trouvé sa place, avec un rappel du procès civil américain ayant établi la responsabilité de l’État dans son assassinat. Le pire : les images de destructions massives « Over 30 universities destroyed in Iran », suivies de séquences de bombardements américains et israéliens, puis d’une explosion contrôlée légendée « Last university standing in Gaza » – l’université al-Israa, dernière encore debout avant sa destruction.
Ils ne seront certainement plus invités à Coachella… Le groupe de rock The Strokes a terminé son concert en dénonçant les crimes commis par le gouvernement états-unien à l’étranger. pic.twitter.com/ifPyrdkDGS
— AJ+ français (@ajplusfrancais) April 20, 2026
« De quel côté tu te places ? » : un refrain qui sonne comme un ultimatum
Pendant que le montage défilait, Julian Casablancas, chanteur des Strokes, a martelé en boucle le refrain de Oblivius : « What side you standing on ? ». La question, lancinante, a résonné comme un coup de massue. Le set s’est achevé sans rappel, sous une mosquée illuminée en fond d’écran – un symbole lourd de sens, une provocation calculée. Ou un simple constat.
Rock et politique : une tradition qui dérange
Si les prises de position politiques ne sont pas nouvelles dans le rock ou l’indie, celle-ci frappe par sa clarté et son audace. Sur la plus grande scène de Coachella, devant des milliers de spectateurs et des millions d’internautes en ligne, The Strokes ont transformé un festival en caisse de résonance géopolitique. Les réactions, comme toujours, ont été partagées : entre ceux qui saluent un engagement rare et ceux qui y voient une récupération. Une chose est sûre : aucune vidéo officielle du set n’a été publiée. Mais les extraits, eux, circulent – et avec eux, la preuve que le rock peut encore servir à autre chose qu’à vendre des t-shirts.
Un concert, une question, aucun regret ?
The Strokes viennent de signer l’un des moments les plus politiques de l’histoire de Coachella. Les organisateurs feront-ils comme si de rien n’était ? Les médias mainstream enterront-ils l’affaire ? Une chose est certaine : dans un pays où la mémoire sélective est une spécialité nationale, ce concert restera comme un coup de projecteur sur ce qu’on préfère souvent ignorer. « What side you standing on ? » – la question, elle, attend toujours une réponse.










