
La loi néerlandaise de 2002, pionnière en Europe, autorise l’euthanasie pour souffrance psychique — autisme, dépression, troubles de la personnalité — dès lors que les critères de « souffrance insupportable » et de « capacité de décision » sont remplis. Mais quand la souffrance relève moins d’une pathologie incurable que d’une détresse existentielle ou neurodéveloppementale, la frontière entre compassion et abandon se trouble. Certains y voient une « pente glissante » : et si la société, plutôt que de soigner, choisissait désormais d’éliminer ?
Des médecins néerlandais ont euthanasié un adolescent autiste
« Le garçon, âgé de 16 à 18 ans, décrivait sa vie comme « sans joie ». Il souffrait d’anxiété et de troubles de l’humeur, et cherchait sa place dans le monde. »https://t.co/7pEKhI4UNS
— Rabatel Marie (@rabatel_marie) March 31, 2026
Espagne : Noelia, ou l’échec d’un système qui tue au nom de la liberté
Le 26 mars 2026, Noelia Castillo Ramos, 25 ans, a été euthanasiée à Barcelone. Paraplégique après une tentative de suicide en 2022, consécutive à des violences sexuelles, elle invoquait des « souffrances insupportables », physiques et psychiques. Sa demande, validée en 2024, a pourtant suscité une bataille judiciaire acharnée. Son père, Gerónimo Castillo, soutenu par l’association Abogados Cristianos, a épuisé tous les recours, jusqu’au Tribunal suprême et à la Cour européenne des droits de l’homme. Son argument ? Noelia, fragilisée par son traumatisme, n’était pas en état de consentir sereinement.
Pire : quelques jours avant l’injection létale, elle a demandé un report de six mois « pour prendre le temps de réfléchir ». Refus catégorique des autorités, au prétexte que ses « doutes n’avaient aucune valeur juridique ». Elle est morte seule, vêtue de sa robe préférée, tandis que ses organes étaient prélevés immédiatement après sa mort — un détail qui a alimenté les soupçons de conflits d’intérêts entre commissions d’euthanasie et équipes de transplantation.
Son avocate, Polonia Castellanos, résume l’absurdité de la situation : « Elle a demandé du temps. On le lui a refusé. » Ce cas a divisé l’Espagne et relancé un débat crucial : comment garantir un consentement libre et éclairé quand la souffrance altère le jugement ?
Deux pays, une même dérive : l’euthanasie comme solution de facilité
Pays-Bas, Espagne : deux nations, une même logique. L’euthanasie, initialement conçue pour abréger des souffrances physiques insupportables en phase terminale, s’étend désormais à des détresses psychiques, existentielles, voire sociales. Un adolescent autiste, une jeune femme traumatisée : leurs visages incarnent désormais la « pente glissante » que redoutaient les opposants à ces lois.
Le débat dépasse désormais les frontières. Au Canada, où l’euthanasie pour troubles psychiatriques a failli être autorisée, ou en France, où la question agite régulièrement l’opinion, ces exemples posent une question glaçante : jusqu’où une société peut-elle légitimer la mort comme réponse à la souffrance ? Quand l’État se mue en arbitre de la valeur d’une vie, le risque n’est plus théorique. Il a un nom, un âge, et une date de décès programmée.










