
Une juriste intrépide face à la machine de guerre
Diplômée de l’université de Pise et spécialiste des droits humains à la SOAS de Londres, Francesca Albanese n’est pas une simple observatrice. Depuis sa nomination en 2022, elle documente avec une rigueur implacable les violations israéliennes en territoires occupés, malgré l’interdiction d’accès à Gaza. Son dernier rapport, De l’économie d’occupation à l’économie de génocide, présenté fin juin 2025 devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, a fait l’effet d’une bombe.
Ce document de 39 pages dévoile sans détour comment l’économie israélienne prospère sur la destruction de Gaza, avec la complicité d’entreprises internationales. Lockheed Martin, BlackRock, Google, Amazon et même BNP Paribas y sont citées pour leur rôle dans ce qu’Albanese qualifie de « système génocidaire ». Une accusation lourde, mais étayée par des preuves irréfutables.
Sanctionnée par les puissants, inébranlable dans ses convictions
Son courage lui a valu les foudres des États-Unis et d’Israël. Le 9 juillet 2025, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a annoncé des sanctions contre elle, l’accusant de « saper la légitimité d’Israël ». Une manœuvre dénoncée par le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, comme une attaque flagrante contre l’indépendance des experts internationaux.
Mais Francesca Albanese ne plie pas. « Je continuerai à faire mon travail », a-t-elle martelé lors d’une conférence à Ljubljana, rappelant l’héritage des grands juristes italiens qui ont combattu l’injustice au péril de leur vie.
Un Nobel pour la paix, ou un pavé dans la mare ?
Sa nomination au prix Nobel n’est pas qu’un symbole. C’est un appel à la mobilisation. Comme le souligne Rima Hassan, il s’agit de « récompenser celles et ceux qui refusent de se taire ». Son rapport ne se contente pas de constats : il exige des sanctions économiques, un embargo sur les armes et des poursuites contre les complices de ce qu’elle nomme un « génocide économique ».
Son combat est une lueur d’espoir : « Pendant qu’un peuple s’enrichit, l’autre disparaît », lance-t-elle. Une phrase qui résume l’urgence d’agir.










