
Un phénomène méconnu mais en pleine expansion
Popularisé médiatiquement après l’accident causé par Pierre Palmade en 2023, le chemsex reste largement ignoré du grand public. Pourtant, selon un rapport remis au ministère de la Santé en 2022, il concernerait entre 100 000 et 200 000 personnes, un chiffre probablement sous-estimé. Initialement répandu dans la communauté homosexuelle masculine, il touche désormais des publics plus jeunes et diversifiés, facilité par les applications de rencontre et l’accès simplifié à des drogues artisanales comme la 3-MMC ou le GBL, un détournement de nettoyant pour jantes.
Des risques sanitaires sous-estimés
Les dangers liés au chemsex sont multiples : addictions sévères, rapports non protégés, violences sexuelles, comas, voire overdoses mortelles. Arthur Delaporte (PS), cosignataire du texte et président du groupe d’étude VIH/Sida, insiste : « Ça peut toucher tout le monde. » Une allusion à peine voilée au cas du député LFI Andy Kerbrat, interpellé en 2024 pour achat de stupéfiants dans un contexte d’addiction liée au chemsex.
🚨 Le #chemsex touche 100 000 à 200 000 personnes en 🇫🇷, avec des risques majeurs pour la santé publique.
Le 31 mars, l’@AssembleeNat examinera ma proposition de résolution pour une stratégie nationale de prévention.
Il est urgent d’agir ! ✊#Santé #Addictions #Prévention pic.twitter.com/fibOSeQxnZ
— Brigitte Liso (@brigitte_liso) March 27, 2025
Une réponse politique tardive et insuffisante ?
La proposition de résolution préconise un état des lieux épidémiologique, des campagnes de sensibilisation, ainsi qu’une formation des professionnels de santé. Brigitte Liso plaide également pour une prévention adaptée aux réseaux sociaux, principaux vecteurs de propagation du phénomène. Pourtant, en 2024, une enveloppe de 300 000 euros destinée à la prévention avait été rejetée par le gouvernement…
Des députés prompts à légiférer… sauf quand ça les concerne
Si le Rassemblement National et La France Insoumise soutiennent désormais l’initiative, on peut s’interroger sur l’efficacité réelle d’une résolution non contraignante. D’autant que certains élus semblent plus prompts à voter des lois sur les addictions… qu’à gérer les leurs. Un paradoxe qui n’échappera pas aux observateurs critiques.
Vers une prise de conscience politique ?
Alors que le chemsex devient un enjeu de santé publique majeur, les députés espèrent enfin une réponse gouvernementale ferme. Reste à savoir si les bonnes intentions se traduiront par des actions concrètes, ou si le sujet retombera dans l’oubli une fois les caméras éteintes.










