
Arrivé à Belgrade le 7 août 2026, Volodymyr Zelensky a été reçu le lendemain au Palais de Serbie avec les honneurs réservés aux alliés que l’on n’ose pas encore appeler des alliés. Les deux présidents ont parlé coopération économique, infrastructures, sécurité, agriculture et adhésion à l’Union européenne.
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Aleksandar Vučić n’a pas fait semblant. « Nous ferons tout ce que nous pouvons pour aider l’Ukraine sur la voie européenne », a-t-il déclaré, selon le compte rendu de la rencontre. Il a également réaffirmé son soutien à l’intégrité territoriale ukrainienne, sans réserve ni astérisque.
🚨 🇺🇦🇷🇸 VISITE HISTORIQUE : VOLODYMYR ZELENSKY EN SERBIE POUR RENTRER EN DISCUSSIONS AVEC ALEKSANDAR VUČIĆ 🇺🇦🇷🇸⚠️
Pour son tout premier voyage officiel en Serbie, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a été reçu à Belgrade par son homologue serbe Aleksandar Vučić pour un… pic.twitter.com/h88YFXUvj1
— BREF_INFOS (@BREF_ACTUALITES) August 8, 2026
La neutralité serbe avec option livraison de munitions
La scène tranche avec l’image longtemps entretenue par Belgrade : celle d’un pays slave, orthodoxe, proche de Moscou et réfractaire aux sanctions antirusses. Vučić s’était encore rendu à Moscou en mai 2025 pour rencontrer Vladimir Poutine. Quelques mois plus tard, le voilà transformé en accompagnateur bénévole de la candidature ukrainienne à l’UE.
Le changement ne date pourtant pas de l’arrivée de Zelensky. Depuis 2022, des munitions fabriquées en Serbie auraient rejoint l’Ukraine par l’intermédiaire de pays occidentaux. En juin 2024, leur valeur était estimée à environ 800 millions d’euros. Vučić avait alors reconnu les exportations serbes, tout en expliquant que l’utilisation finale des obus vendus aux Américains, aux Espagnols ou aux Tchèques ne regardait plus Belgrade.
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En juin 2025, face aux accusations russes, il avait annoncé l’arrêt de toutes les exportations de munitions. La pause aura surtout ressemblé à un entracte. La neutralité serbe consiste maintenant à ne pas livrer directement les armes, puis à regarder ailleurs lorsqu’elles prennent la route de Kiev.
Bruxelles tient Belgrade par sa candidature
La méthode européenne est connue : le candidat attend dans le couloir, tandis que Bruxelles décide quelles amitiés il doit abandonner pour espérer avancer d’une porte. La Commission européenne reproche toujours à la Serbie de ne pas s’aligner sur les sanctions contre la Russie. Elle exige aussi la normalisation des relations avec le Kosovo, province dont Belgrade refuse l’indépendance depuis sa proclamation en 2008.
Cette question explique une partie du grand numéro d’équilibriste serbe. L’Ukraine ne reconnaît pas le Kosovo et Zelensky a confirmé que cette position restait inchangée. Vučić peut donc soutenir les frontières ukrainiennes en espérant que Kiev défende, par réciprocité, celles revendiquées par la Serbie. Sur le papier, le calcul se tient. Dans les faits, Belgrade se rapproche d’un pouvoir ukrainien soutenu par les mêmes capitales occidentales qui ont accompagné la séparation du Kosovo après les bombardements de l’OTAN en 1999.
Vučić veut dîner à Bruxelles sans quitter la table de Moscou
Le président serbe tente toujours de vendre cette politique comme un équilibre souverain : gaz et soutien diplomatique du côté russe, investissements et perspective d’adhésion du côté européen. Mais recevoir Zelensky, soutenir publiquement son entrée dans l’UE et proposer une coopération autour des drones dépasse la simple courtoisie.
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Vučić n’a pas encore adopté les sanctions contre Moscou. Il n’a pas davantage reconnu le Kosovo. Mais à force de céder morceau par morceau, il finit par offrir à Bruxelles l’image recherchée : celle d’une Serbie qui conserve les souvenirs de son amitié russe tout en appliquant progressivement la politique de ses nouveaux tuteurs.










