
L’arbitraire comme nouvelle norme
Xavier Moreau ne mâche pas ses mots : « Avant, il fallait au moins un tribunal. Désormais, même cette formalité est superflue. » Pour lui, cette mesure consacre le « fait du prince » — un pouvoir exécutif capable de priver des citoyens de leurs biens sur simple décision administrative. Pire, elle étend à l’échelle nationale un mécanisme déjà en vigueur au niveau européen, où Xavier Moreau a lui-même été la cible de sanctions financières à l’initiative des autorités françaises. « On nationalise l’arbitraire », résume-t-il avec amertume.
Je réagis à l’attaque de @BrunoRetailleau au Sénat contre l’État de droit en France.@LaurentOzon pic.twitter.com/nzLEU3egFw
— Stratpol (@stratpol_site) May 6, 2026
Une boîte de Pandore aux conséquences imprévisibles
Sous prétexte de lutter contre la haine et la violence, le texte ouvre la voie, selon Xavier Moreau, à une répression tous azimuts. « Demain, on pourra condamner n’importe qui pour n’importe quoi », prévient-il. L’absence de réaction attendue du Conseil constitutionnel et le silence complice des partis traditionnels achèvent de dessiner le portrait d’un système où « la République n’est plus qu’un mot creux ».
Un vote sénatorial qui scelle la dérive autoritaire
Adoptée le 5 mai 2026 par 208 voix contre 124, la proposition de loi de Bruno Retailleau s’inscrit dans une logique de durcissement sécuritaire. Mais pour Xavier Moreau, il s’agit ni plus ni moins d’un « coup d’État légal » : « La France n’est plus un État de droit. C’est une dictature. Une tyrannie. » Un constat accablant, qui résonne comme un avertissement dans un pays où les libertés fondamentales s’effritent, une loi après l’autre.
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