Le Covid long n’est peut-être pas différent des autres syndromes post-viraux tels que ceux ressentis après la grippe, selon une nouvelle recherche de Queensland Health.
Des experts de la santé en Australie appellent à abandonner l’expression “COVID long”. Cette recommandation fait suite à une étude montrant que les symptômes ressentis par des individus un an après avoir contracté le COVID-19 ne diffèrent pas significativement de ceux engendrés par des virus courants comme la grippe.
Le Dr John Gerrard, chef de la santé du Queensland et superviseur de l’étude, argumente contre l’utilisation de la terminologie “COVID long”. Selon lui, cette expression suggère à tort que les symptômes à long terme liés au virus sont uniques et exceptionnels, ce qui peut engendrer une peur inutile et une attention excessive sur ces symptômes, entravant potentiellement la récupération et la guérison des patients. L’usage de ce terme contribue à amplifier inutilement la peur autour de symptômes de fatigue virale qui, en temps normal, auraient été négligés.
L’étude menée par Queensland Health a interrogé 5 112 personnes âgées de 18 ans et plus, ayant rapporté divers symptômes tels que la fatigue, le brouillard cérébral, et des changements d’odorat et de goût. Ces participants, choisis parmi des Australiens ayant subi des tests COVID-19 au printemps 2022, ont été suivis un an plus tard afin d’évaluer l’évolution de leurs symptômes et leur impact sur la qualité de vie. Bien que 16% des sondés aient rapporté des symptômes persistants au printemps 2023, et 3,6% une incapacité fonctionnelle modérée à sévère, l’étude n’a pas établi de différence significative entre ceux testés positifs au COVID-19 et ceux négatifs ou ayant eu la grippe.
Si la formule “Covid long” devait être maintenu, faudrait-il inventer l’expression “Grippe longue” ?
Les résultats de cette étude, qui seront présentés au prochain Congrès européen de microbiologie clinique et des maladies infectieuses à Barcelone, soulève des questions sur la distinction entre le COVID long et d’autres maladies post-virales. Le Dr Gerrard rappelle que, dans des systèmes de santé où la population est largement vaccinée, le COVID long a pu sembler distinct et plus sévère en raison du grand nombre de cas durant la pandémie. Cependant, les taux de symptômes persistants et d’incapacité fonctionnelle s’avèrent similaires à ceux d’autres affections post-virales, insistant sur la nécessité de poursuivre les recherches dans ce domaine.










