Deux rapports en dix jours. Le contrôle aérien français traverse une zone de fortes turbulences… institutionnelles. Après le Sénat fin juin, c’est la Cour des comptes qui, dans un rapport publié lundi 6 juillet, s’attaque à un tabou : le statut de fonctionnaire des 3 800 contrôleurs aériens de la DGAC, une exception dans le paysage européen.
Le contexte était déjà posé. Comme nous le rappelions, le rapport sénatorial redoutait que la France ne devienne « un point de blocage majeur du ciel européen », alors que l’IATA chiffre à +114 % la hausse des retards liés au contrôle aérien en Europe entre 2015 et 2024, pour seulement 6,7 % de vols supplémentaires. La grève de juillet 2025, avec 1 500 vols annulés en deux jours, reste dans toutes les mémoires.
La Cour enfonce le clou. Franceinfo, qui a consulté le rapport, relève que la dégradation du service pourrait « poser un problème européen et un risque de sanctions pour la France ». En cause, environ 1 420 heures annuelles contre 1 607 dans le droit commun, un protocole social accordant 1 500 euros bruts mensuels d’augmentation moyenne, et des retards records l’été dernier.
La solution des magistrats ? Le média spécialisé Air Journal rapporte qu’ils jugent « souhaitable » d’étudier une transformation en établissement public, en veillant aux enjeux de souveraineté, de sûreté et de sécurité aérienne.
Reste l’essentiel, entre modernisation revendiquée par la DSNA et exaspération des compagnies, le passager, lui, reste seul juge.









