
Les annonces, publiées en ligne, attiraient une clientèle que les prévenus surveillaient de près. Leur rôle ? Contrôler la victime, encaisser l’argent, et s’assurer que le business tournait rond.
Des profils édifiants
Parmi les accusés, l’un avait travaillé au service comptabilité de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) en Seine-Saint-Denis, relate Le Parisien. Un autre, Furax de son surnom, exerce le métier d’éducateur de la petite enfance. Tous ont nié les faits avec une aplomb déconcertant.
« C’est inhumain » : le cri d’une mère brisée
La mère d’Inès a témoigné, la voix tremblante d’indignation. Les prévenus, a-t-elle lancé, avaient « brisé » sa fille, elle-même, et toute sa famille. « On ne fait pas faire trente à quarante passes par jour à une gamine de 16 ans, a-t-elle martelé. C’est inhumain. » Des mots qui résonnent comme un réquisitoire contre l’hypocrisie d’un système censé protéger les plus vulnérables.
Le parquet requiert, la justice tergiverse
La substitute du procureur a requis six ans de prison et 5 000 euros d’amende contre le principal accusé, présenté comme l’« architecte » de ce système. Les autres écoperaient respectivement de cinq, quatre et trois ans de détention. Des peines qui, pour Me Clarisse Carounanidy, avocate de la victime, restent dérisoires au regard de l’horreur subie.
Un phénomène en explosion
Maître Clarisse Carounanidy a qualifié l’affaire de « dramatiquement banale ». Et pour cause : la prostitution des mineures a bondi de 347 % entre 2017 et 2025. La Seine-Saint-Denis, déjà tristement célèbre pour ses dossiers de proxénétisme, confirme son statut de terre de prédation. Le jugement a été mis en délibéré. En attendant, Inès reste une victime de plus dans une longue liste que personne ne semble pressé de réduire.










