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La SDJ de France 3 critique la hiérarchie de l’information dans les JT de France Télévisions

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La Société des Journalistes de la Rédaction nationale de France 3 a publié, le 27 mars 2023, un communiqué dénonçant le traitement médiatique de la Réforme des Retraites et des manifestations qui l’ont accompagnée dans les journaux télévisés de France Télévisions. Selon ce communiqué, le traitement de l’information s’est concentré sur les violences des « casseurs » au détriment des millions de manifestants pacifiques dans toute la France.


La Société des Journalistes s’inquiète également du manque de travail d’analyse et de confrontation des idées lors des éditions spéciales sur France 2 et France 3, qui auraient dû se concentrer sur la loi avant son adoption. Elle a également regretté l’absence de couverture médiatique des violences policières, qui ont été dénoncées par la LDH et le Conseil de l’Europe.

Enfin, la SDJ a souligné l’importance de fournir une information équilibrée et digne de confiance dans une démocratie, et a appelé à une amélioration du traitement médiatique de ces événements. Voici le communiqué :

Une mobilisation record lors de la manifestation nationale de jeudi dernier, les syndicats et les autorités sont unanimes. De quoi faire la une de nos éditions, non ? Montrer les aspects pacifiques et même festifs de cette opposition à la réforme des retraites, l’entrée massive des jeunes dans le mouvement, tout cela était éditorialement vérifiable, à Paris comme partout en France. Mais le soir même, le 19/20 ouvre sur un long sujet « casseurs », qui passe en 10 secondes sur les matraquages de manifestants par les CRS. La manif n’arrivera qu’après.

La hiérarchie de l’information s’inverse. La violence des casseurs prend le pas sur les manifestants. Le lendemain, dans le journal de 8 h de Télématin, il n’y a même pas un sujet sur les défilés de la veille ! En ouverture, un direct sur les dégâts dans les rues de Paris, puis un sujet sur les violences et on passe à la pénurie de carburants… disparu le cortège de millions de manifestants dans toute la France !

L’ensemble du traitement de cette réforme des retraites serait d’ailleurs à interroger. Pas une soirée spéciale sur France 2 comme sur France 3, avant que la loi ne soit votée ! Et pourtant, il aurait été du ressort du service public de faire un travail d’analyse, et de confronter les idées.

Oui, les violences, les incendies sont condamnables. Oui, la réponse disproportionnée des forces de l’ordre est condamnable. Pas question ici de les mettre sur un même plan, mais dans nos éditions ce sont bien les casseurs qui font la une… Avec un soin tout particulier à ne pas évoquer les violences policières, et le retour de pratiques interdites : nasse, tabassage à l’aveugle, charges et propos inappropriés de la part des forces de l’ordre, des dérives pourtant dénoncées par la LDH et même le Conseil de l’Europe.

Hurlant avec les loups des chaines d’infos en continu, nos éditions « premium » n’ont même pas évoqué la charge des forces de l’ordre à Paris sur le carré de tête où se trouvait l’intersyndicale. Pourtant, les journalistes indépendants ont alimenté les réseaux sociaux de ces images. Nos collègues « révélateurs » auraient pu vérifier toutes ces séquences, et nous aurions pu alimenter allègrement la rubrique « violences policières”. Déjà, à l’époque des « gilets jaunes », il aura fallu d’autres médias s’en saisissent pour que nous en parlions. Cela ne veut pas dire que la violence de certains est secondaire, loin de là. Mais une démocratie, c’est aussi une police qui sait se tenir… comme une information digne de ce nom.

Le Média en 4-4-2.





Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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