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Accusé de viols sur six fillettes, un ancien assistant familial de l’ASE n’a toujours pas été jugé, douze ans après la première plainte

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Manuel B. n’est pas seulement un prédateur. Il est le symbole d’un système qui, par son inertie, devient complice.

Des crimes sous le toit de l’ASE

De 2006 à 2016, Manuel B. et son épouse accueillaient, à Codognan puis à Générac, des enfants placés par les services sociaux. Sous leur toit, l’homme, investi d’une autorité morale, aurait commis l’irréparable. Les chefs d’accusation ? Viols répétés, agressions sexuelles, fellations forcées. Certaines victimes n’avaient que six ans. Les faits, d’une violence inouïe, se déroulaient sous la douche, dans une voiture, ou la nuit, accompagnés d’insultes. La première plainte, déposée le 6 novembre 2014 par la mère d’une fillette de neuf ans, décrivait des abus réguliers depuis l’âge de six ans, en l’absence de son épouse.

D’autres signalements suivirent : en octobre 2015 (une fillette de huit ans), en juin 2016 (une jeune femme de 20 ans pour des faits remontant à ses 13 ans, et une femme de 31 ans pour un viol en 1991), en août 2016 (deux autres mineures), puis en mai 2017, scellant le regroupement des six victimes.



Une justice à l’arrêt

Manuel B. a été mis en examen une première fois le 2 septembre 2015 pour « viols sur mineur de moins de 15 ans par personne ayant autorité ». Une seconde mise en examen, pour les cinq autres victimes, intervint le 3 octobre 2019. L’instruction fut clôturée le 4 octobre 2021, le réquisitoire définitif rendu un an plus tard, et le renvoi devant la cour criminelle départementale de l’Hérault ordonné le 3 janvier 2023. Pourtant, à ce jour, aucune date d’audience n’a été fixée.

L’homme, lui, nie en bloc. Il ose même accuser ses victimes, des fillettes selon lui « aguicheuses », manipulées par son ex-épouse. Depuis 2015, malgré les demandes du parquet, aucun juge n’a ordonné son incarcération. Manuel B. vit donc libre, sous contrôle judiciaire.

L’engorgement comme alibi

Les retards s’expliquent, officiellement, par l’engorgement des tribunaux. Dans l’Hérault, plus de 100 dossiers criminels attendent, dont une trentaine concerne des accusés en liberté pour violences sexuelles sur mineurs. La priorité ? Les affaires impliquant des détenus. Les changements de juges d’instruction et la surcharge des magistrats achèvent de paralyser le système.

Me Hugo Ferri, avocat pénaliste à Nîmes, résume l’absurdité de la situation : « Aujourd’hui, je ne sais plus quoi répondre à mes clients. Ils ne comprennent pas pourquoi ce procès n’avance pas. Et moi non plus, je ne comprends pas. » Une source judiciaire évoque, sans preuve, un possible lien entre la lenteur et l’implication indirecte de l’ASE. Une hypothèse qui, si elle se confirmait, serait un scandale de plus.



Un système à l’épreuve de l’indécence

Ce dossier illustre, une fois encore, l’incapacité chronique de la justice française à traiter les affaires de violences sexuelles sur mineurs. Surtout quand l’accusé est un homme en position d’autorité, protégé par les institutions censées protéger l’enfance. Manuel B. n’est pas seulement un prédateur. Il est le symbole d’un système qui, par son inertie, devient complice.



Source

RESIST CAEN
Author: RESIST CAEN

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