
Plutôt que d’apaiser les craintes, la communication agressive et méprisante du palais – évoquant une « Pravda » sur un ton provocateur – a servi de détonateur. Le président se retrouve seul, cible de toutes les condamnations. De la droite à la gauche, et surtout dans ses propres rangs, la réprobation est totale.
L’ancien ministre macroniste Bruno Retailleau fustige une « dérive inquiétante », rappelant que « nul gouvernement n’a à dicter la vérité ». Cette sortie illustre une faillite stratégique absolue : en voulant frapper un opposant, l’Élysée a réussi l’exploit de s’aliéner ses derniers relais, révélant un pouvoir à bout de souffle, acculé par ses propres errements. L’auto-atomisation est en marche.
Le délit de désinformation existe-t-il ? Oui, mais seulement dans le domaine de la Bourse et de la tenue d’élections. Sinon il va falloir changer la loi pour interdire, sous l’appellation de désinformation, ce qui est en fait la liberté d’opinion .
Au fact-checking, de mauvais aloi, Emmanuel macron voudrait substituer l’auto-censure et la délation effectuées par les craintifs médias subventionnés. C’est plus démocratique et plus subtil qu’une répression à coups de LBD, quoique…
Au concours d’admission à l’école d’officiers de la gendarmerie nationale de 2023, l‘épreuve de synthèse avait pour thème La désinformation, évolution et régulation. Les textes étaient tirés de rapport de l’Onu, de la commission Bronner, de la commission d’enrichissement de la langue française, du centre pour l’éducation aux médias et à l’information, du ministère de la Culture, du CSA. Voilà à quoi servent les tant décriés comités Théodule : à créer un nouveau délit, le délit de désinformation. Le délit d’opinion n’étant malheureusement ni inscrit dans la Constitution ni dans le Code pénal, nos braves gendarmes pourront sévir en toute illégalité, si l’auto-censure des journalistes et de la population en général se révèle insuffisante à maintenir l’ordre macronien.










