
Les piranhas qui se sont partagé les 4 milliards d’argent public du budget 2025 de France Télévision pourront-ils continuer leur festin aussi tranquillement et creuser le déficit( 41,2 millions en 2025) ?
Une juge a déjà eu le courage de lancer une enquête sur les détournements de biens publics et abus de biens sociaux dont Delphine Ernotte est soupçonnée. Reste à appliquer la cure d’austérité préconisée par les 80 propositions du rapporteur.
Si les députés se sont rapidement accordés (15 pour et 7 contre) pour laisser en ligne sur le site de l’Assemblée nationale les vidéos des auditions de la Commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public. Après plus de quatre heures de débats tendus, la publication du rapport de Charles Alloncle a été votée à 12 pour (10 ont voté contre). Ont voté pour : Les députés du RN (environ 6 dont Roger Chudeau et Laurent Jacobelli), le rapporteur Charles Alloncle (UDR), la non-inscrite Véronique Besse, et au moins une voix LR (et probablement d’autres voix de droite ou centre-droit).
Les élus Renaissance, Ensemble pour la république, MoDem, une partie des LR et Horizons (dont fait partie le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus) se sont abstenus.
La « gauche » : cachez ce texte que je ne saurais voir
Les groupes Écologistes, France Insoumise (dont Nadège Abomangoli) et Socialiste (dont Belkhir Belhaddad, Ayda Hadizadeh) ont voté contre la publication du rapport.
Pour Sophie Taillé-Polian (écologiste), « Charles Alloncle aurait dû faire un rapport sur les faits, puis proposer ses recommandations. Il a fait le choix de la polémique, il a fait le choix de l’outrance. » Qu’importe des détournements et abus, la même députée affirmait : “Il faut aller chercher l’argent où il est : dans l’épargne des Français.”
Les députés LFI Aurélien Saintoul et Thomas Portes voient la commission comme un cirque ou un tribunal et le rapport comme un un texte partiel, malveillant, mensonger, partial et contradictoire, rempli de jugements de valeur, d’insinuations, d’attaques personnelles et de manipulations des faits. Bref, un pamphlet politique organisé par l’extrême droite. Pas un mot sur la gabegie financière.
Boris Vallaud (socialiste, époux de Najat Vallaud-Belkacem) déplore lui aussi le manque de savoir-vivre du rapporteur : « Ce rapport ressemble en tous points à la manière dont a été conduite la commission : brutalisation des auditionnés, mensonges et partis pris. »
Critiques et diversions en tous genres
La députée socialiste Ayda Hadizadeh a défendu la corruption made in France : « Ici, ce n’est pas Mar-a-Lago [résidence de Trump en Floride, NDLR], c’est l’Assemblée nationale. Ici, ce n’est pas encore l’Amérique de Trump, ici c’est la République française ! »
Charles Alloncle n’est pas le seul à négliger les bonnes manières. Ainsi une chanson de Patrick Sébastien est-elle qualifiée par Delphine Ernotte d’outrancière et sexiste. Elle se dit outragée. On en oublierait ses malversations.
À en croire la « gauche », vérifier les comptes publics relève aussi d’un manque de savoir-vivre tout-à-fait intolérable. Inutile de préciser que les grands médias n’apprécient pas non plus les contrôles financiers. Edwy Plenel qualifie sur X le rapport de « délire complotiste sponsorisé par le système Bolloré ». Dans la plus pure tradition de l’inversion accusatoire (Traduction : c’est celui qui l’dit qui l’est), L’Humanité trouve scandaleux le « dénigrement organisé de la parole d’autrui ».










