
De Versailles à l’impasse : itinéraire d’une enfant gâtée de la République
Dès janvier 2025, des Cars alertait sur le sous-équipement du musée. Mais alerter n’est pas agir, et l’inaction a un prix. Quand les bijoux impériaux disparaissent en octobre, elle présente sa démission à Rachida Dati. Refusée. Pourquoi ? Parce qu’avouer un échec aussi retentissant sous le quinquennat Macron aurait été politiquement inconvenant. Alors on serre les dents. On attend que l’eau endommage les collections égyptiennes. On attend que les syndicats paralysent l’institution. On attend que les enquêteurs parlementaires commencent leur travail. Et quand enfin la situation devient intenable, on organise une sortie par la petite porte – avec une issue de secours déjà verrouillée de l’intérieur par l’Élysée.
🤡UBU
À peine contrainte à la démission, l’ex-présidente du Louvre a été aussitôt chargée par Macron de «la coopération entre grands musées» pour le prochain G7,du fait de son «expertise scientifique incontestable».
Elle va les conseiller sur la sécurité ?https://t.co/uLZ3nQd5Q3— François Asselineau 🇫🇷 (@f_asselineau) February 26, 2026
Le G7 ou la preuve que l’échec est la plus belle des recommandations
À peine démissionnaire, Laurence des Cars se voit confier par le président une mission ronflante sur la « coopération entre grands musées » dans le cadre du G7 d’Évian. L’Élysée évoque son « expertise scientifique incontestable ». On sourit. Car si l’expertise se mesurait aux désastres accumulés, des Cars serait effectivement la personne la plus qualifiée au monde pour expliquer comment ne pas diriger un musée. Le cynisme du système atteint ici des sommets : pendant que son successeur Christophe Leribault hérite du champ de ruines, la glorieuse démissionnaire s’envole vers les sommets helvétiques, missionnée pour représenter cette même culture française dont elle a laissé le vaisseau amiral faire naufrage. Interrogée par Le Figaro, elle lance un « Je ne suis pas une femme politique, je suis une directrice de musée » aussi savoureux qu’ironique pour quelqu’un dont toute la carrière repose sur des nominations politiques.
L’art de la fuite en avant version macronie
Le plus beau dans cette affaire ? La commission d’enquête parlementaire visitait le Louvre pendant que des Cars filait à l’anglaise. Une esquive magistrale qui évite les questions gênantes sur son bilan. « Il y a une vie après le Louvre », philosophait-elle. Sans doute. Mais quand cette vie est confortablement financée par les deniers publics après avoir conduit le musée au bord du gouffre, on est en droit de s’interroger sur ce que la République entend récompenser. Le système macronien, dans sa splendeur, transforme les échecs cuisants en tremplins dorés, les gestionnaires catastrophiques en expertes internationales. Pendant ce temps, le Louvre panse ses plaies et les contribuables paient les violons d’une élite qui ne connaît qu’une musique : celle de sa propre survie.
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