Hier, le 1er avril 2026, le journaliste Nicolas Berrod, chef de service adjoint santé au Parisien, a relayé sur X le communiqué officiel de l’AP-HP soutenant quatre praticiens hospitaliers (Prs Karine Lacombe, Gilbert Deray, Bruno Mégarbane et André Grimaldi). Ces médecins ont été convoqués devant la chambre disciplinaire du Conseil régional de l’Ordre des médecins d’Île-de-France ce 31 mars 2026. Leur « tort », selon Berrod ? « Avoir défendu la vaccination #Covid ». L’AP-HP va plus loin : elle qualifie les plaignants de « structures militantes et obscurantistes » et réclame un changement de loi pour « éviter que ces procédures ne soient détournées » contre des médecins qui auraient rappelé des « évidences scientifiques incontestables ».

Aurélien Rousseau, ex-ministre de la Santé (septembre-décembre 2023) et député, renchérit dans la foulée : « Cette situation est indéfendable. Devoir se présenter devant des instances disciplinaires pour avoir joué son rôle et tenu son serment pour avoir défendu la vaccination, c’est intolérable. Total soutien à ces médecins. Ce sont des remerciements que l’on devrait leur adresser. »
Derrière cette mobilisation institutionnelle et politique se cache un vrai sujet déontologique que l’on occulte volontairement : le respect du serment médical, l’information loyale aux patients et, surtout, le devoir de ne pas abandonner les victimes d’effets secondaires reconnus.
Sortir du faux débat
Le cadrage médiatique simpliste « la Science contre les Antivax obscurantistes » masque une question d’éthique et de démocratie comprenant le respect absolu du serment médical, l’exigence d’une information loyale aux patients et le refus d’abandonner les victimes d’effets secondaires.

Ce débat n’est pas « antivax » contre « science ». Il est éthique, déontologique et démocratique. Et il révèle un partisanisme politique qui sacrifie la neutralité du service public sur l’autel de la défense d’une ligne officielle – en ignorant délibérément les malades et les patients.
Le cœur du dossier : des manquements déontologiques précis, pas une « chasse aux sorcières antivax »
Les plaintes ne viennent pas d’une obscure « association antivax ». Elles émanent du Syndicat Liberté Santé (SLS), syndicat représentatif de professionnels de santé (médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, pharmaciens, sages-femmes) créé en 2021 pour défendre les soignants suspendus et porter une parole déontologique indépendante. Dans le cadre de son action « Les 9 Bonimenteurs », le SLS vise spécifiquement les interventions médiatiques des médecins de plateau TV.

Les griefs sont clairs et renvoient aux articles 36, 13 et 56 du Code de déontologie médicale :
- Manque de prudence et de mesure dans les déclarations publiques.
- Défaut d’information claire, loyale et appropriée (le patient doit recevoir une information sur les bénéfices et les risques, même rares).
- Non-déclaration systématique des liens d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique.
- Abus de crédulité du public en présentant le vaccin comme « sans effet secondaire notable ».
- Manquement à la confraternité et au devoir de non-abandon des patients.
Un geste qui en dit long
Le 31 mars 2026, à la sortie de son audience disciplinaire, la Pr Lacombe a adressé un doigt d’honneur explicite aux représentants du Syndicat Liberté Santé qui l’interrogeaient sur les victimes des effets secondaires et sa probité.

Filmé par Nexus et largement diffusé, ce geste – loin d’être une simple maladresse – illustre parfaitement le manque de prudence et de mesure (article 36 du Code de déontologie) ainsi que le manquement au devoir de confraternité et de respect des patients.
Il vient s’ajouter aux faits reprochés : promotion publique des vaccins sans déclaration systématique de liens d’intérêts (plus de 212 000 euros percus de l’industrie dont Gilead pour le remdesivir) et absence de reconnaissance des signaux de pharmacovigilance.

Or, le SLS ne nie pas l’intérêt global de la vaccination pour les populations à risque. Il demande simplement que les médecins hospitaliers, en tant qu’experts publics, respectent les règles éthiques élémentaires quand ils s’expriment devant des millions de Français. C’est le devoir de prudence face à un produit en pharmacovigilance renforcée.

Le rôle partisan de Nicolas Berrod : du journalisme ou de la communication institutionnelle ? (Et ce n’est pas sa première fois)
En qualifiant le SLS d’« association antivax » et en reprenant mot pour mot le communiqué de l’AP-HP sans contextualiser les griefs déontologiques, Nicolas Berrod ne fait pas du journalisme d’enquête. Il pratique un journalisme de cour : il relaie la version institutionnelle sans distance critique. Le framing est clair : d’un côté les « héros de la crise » qui ont « lutté contre la désinformation », de l’autre les « obscurantistes ». Aucune mention des victimes, aucune analyse des faits reprochés, aucun rappel du serment d’Hippocrate (« Je respecterai mes malades dans leur dignité et leur autonomie »). C’est du militantisme déguisé en information.

Et ce n’est pas un coup d’essai. Berrod a déjà été épinglé pour un manque flagrant de vérification. Le 17 mars 2026, il a tweeté sur une décision de justice américaine concernant la politique vaccinale de Robert F. Kennedy Jr. en se contentant de copier-coller un article CNN sans consulter le document judiciaire original. Le lien fourni renvoyait à un mauvais dossier (une affaire d’immigration) au lieu du vrai jugement sur les vaccins. Un copier-coller sans vérification primaire, comme l’a documenté France-Soir le 18 mars 2026.
Le partisanisme politique qui ignore les malades – et viole le consentement éclairé
Aurélien Rousseau incarne cette posture. En octobre 2023, sur France Inter, il déclarait : « On a un vaccin […] dont – maintenant on a trois ans de recul – on sait qu’on n’a pas d’effets secondaires, et donc il faut y aller. » Le Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM) a jugé cette affirmation inexacte. Les victimes, elles, existent : indemnisées par l’ONIAM dans des cas graves (myocardites, thromboses, syndromes auto-immuns), (Ici et ici).
Pire : le consentement libre et éclairé des patients a été bafoué à la source. Lors des débats parlementaires de juillet 2021 sur le pass vaccinal et l’obligation pour les soignants, les contrats entre l’Union européenne et les laboratoires (dont Pfizer) étaient lourdement caviardés. Ni le ministre de la Santé, ni les instances régulatrices, ni les députés et sénateurs n’ont eu accès aux clauses complètes, aux responsabilités ni aux données de sécurité intégrales. Un ancien toxicologue en chef de Pfizer Europe, le Dr Helmut Sterz, l’a rappelé solennellement devant la commission d’enquête du Bundestag le 19 mars 2026 : les vaccins ARNm n’ont pas respecté les normes internationales de sécurité (études précliniques incomplètes, omission de tests de génotoxicité, biodistribution, etc.). Il qualifie le processus de « expérimentation humaine interdite » violant le Code de Nuremberg. Cette opacité rendait impossible un consentement réellement éclairé.

Ce partisanisme n’est pas isolé. Des médias mainstream comme The Guardian alimentent la même « opinion masquée » : des articles présentés comme factuels qui minimisent les effets secondaires, déséquilibrent les sources et transforment le journalisme en plaidoyer pro-consensus vaccinal, contribuant directement à la crise de confiance.
L’AP-HP face à ses propres contradictions
L’AP-HP, employeur public de ces praticiens, va plus loin en demandant un changement de loi. Elle qualifie les plaignants de « structures militantes et obscurantistes » et affirme que ses médecins ont simplement rappelé des « évidences scientifiques incontestables ».
Pourtant, un thread publié le 1er avril 2026 par @sudokuvariante rappelle à l’AP-HP qu’elle a elle-même financé le projet de recherche covid-nma.com. Cette méta-analyse concluait que l’ivermectine réduisait la mortalité Covid de 57 % et que rien ne prouve que les vaccins sauvent des vies.
https://t.co/P4eLSZNBIm
On rappelle à l’@APHP qui a la mémoire courte qu’elle a financé le projet de recherche covid-nma: https://t.co/wfMxEGqK5r
qui montrait que l’ivermectine réduit la mortalité covid de 57% et que rien ne prouve que les vaccins sauvent des vies.
1/2 pic.twitter.com/WpFHnlxhYX— Fred Stalder (@sudokuvariante) April 1, 2026
Le thread pose alors la question qui fâche :
« Il faudra donc que l’@APHP nous explique en quoi ses propres experts qui prétendaient l’inverse de ce que montrait la science financée par l’@APHP défendaient la science. »

Cette contradiction flagrante renforce le sentiment d’ingérence institutionnelle : l’AP-HP ne défend pas la science dans toute sa complexité et ses évolutions, elle protège une narrative passée. C’est une instrumentalisation du service public qui occulte les débats scientifiques légitimes et, surtout, le respect dû aux patients et aux victimes. Et surtout, ce communiqué intervient au lendemain même d’un geste de mépris public de l’une des praticiennes soutenues, renforçant le sentiment d’une institution qui protège ses agents plutôt que d’écouter les victimes.
Le respect des victimes et la neutralité du service public : une exigence non négociable
La mission du service public hospitalier n’est pas de défendre une ligne gouvernementale. Elle est de soigner, informer loyalement et respecter le consentement éclairé. Quand des patients ont subi des effets secondaires graves après avoir suivi les recommandations officielles, l’institution a le devoir moral de les reconnaître, pas de les invisibiliser sous l’étiquette « désinformation ».

Un sondage MIS Group pour France-Soir/BonSens.org réalisé en février 2026 le confirme avec force : 81 % des Français déclarent qu’ils ne feront pas le nouveau vaccin Covid en 2025 ; 46 % des vaccinés Covid affirment avoir subi des effets indésirables (dont 15 % importants ou majeurs) ; 47 % citent les mensonges du gouvernement comme raison principale de leur perte de confiance ; 55 % accusent le ministère de cacher la nocivité des vaccins ; et 64 % remettent en cause l’objectivité des médias TV mainstream.
L’ingérence systémique inacceptable
L’AP-HP, employeur public de ces praticiens, va plus loin en demandant un changement de loi. Or, l’AP-HP n’est pas neutre : elle a été au cœur de la stratégie vaccinale nationale. Soutenir publiquement ses agents tout en diabolisant les plaignants, c’est une forme d’ingérence institutionnelle sur une instance ordinale censée être indépendante. N’est-ce pas instrumentaliser le service public pour protéger une narrative passée plutôt que de laisser la justice déontologique faire son travail sereinement ?
Face à cette réalité – victimes reconnues, consentement bafoué, confiance publique en miettes –, l’AP-HP, Nicolas Berrod et Aurélien Rousseau ne feraient-ils pas mieux de faire profil bas ou, mieux, de changer de fusil d’épaule ? Au lieu de défendre corps et âme une ligne passée, ne devraient-ils pas enfin donner le juste respect aux patients et aux victimes : reconnaissance des souffrances, transparence totale, et retour à la neutralité du service public.

Le partisanisme politique ici à l’œuvre – celui qui transforme des médecins en intouchables et des victimes en « collatéraux » – fracture un peu plus la confiance dans le système de santé. Il nie la réalité : la science évolue, les pharmacovigilances révèlent des signaux, et le doute médical n’est pas de l’obscurantisme. C’est de la rigueur.
Il est temps que l’AP-HP, l’Ordre des médecins et les responsables politiques se souviennent d’une chose simple : le patient n’est pas un cobaye ni un pion dans un combat idéologique. Il est une personne dont la dignité et la souffrance méritent le respect, quel que soit le camp.
Le débat déontologique doit avoir lieu. Sans anathèmes. Sans instrumentalisation. Avec, au centre, les victimes. Car c’est cela, le serment médical. Et c’est cela, la neutralité du service public.

Car au final, celui qui paie véritablement l’addition – en impôts, en confiance brisée et en souffrances invisibilisées – c’est le peuple français. Ni un journaliste d’un média subventionné par l’État, ni une institution publique qui instrumentalise son statut pour protéger sa propre narrative.
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