
La Fête des Mères devient le « Jour de toi » : une innovation bureaucratique
Pour ne froisser aucune configuration familiale – monoparentale, homoparentale, recomposée ou autre –, le ministère suggère de remplacer Moederdag (Fête des Mères) et Vaderdag (Fête des Pères) par Jij-dag (« Jour de toi »), une appellation si neutre qu’elle en devient vide de sens. Même logique pour les « problèmes de réfugiés », rebaptisés « problèmes d’accueil », ou la « civilisation occidentale », jugée trop connotée. L’objectif ? Un langage aseptisé, où plus rien ne dérange – pas même la réalité.
🔴 Choc aux Pays-Bas : « Mère » et « Père » bientôt interdits dans les institutions de l’État ?!
Le ministère néerlandais de l’Éducation a publié un guide linguistique qui recommande d’éviter les termes « moeder » (mère) et « vader » (père) dans les communications officielles,… pic.twitter.com/Mzf7nCOW70
— Péonia (@Galadriell__) April 20, 2026
Une polémique transpartisane : « du wokisme inutile et infantilisant »
La révélation du guide a déclenché un tollé à la Tweede Kamer. Une majorité de partis, de l’extrême droite (PVV) aux chrétiens-démocrates (ChristenUnie), a dénoncé un « woke-shit » et une « betutteling » (mesure paternaliste). Même Judith Tielen, secrétaire d’État à l’Éducation (VVD), a qualifié le document de « superflu » : « Une telle liste peut aller au placard. Nos fonctionnaires sont assez professionnels pour communiquer sans guide. » Un aveu d’échec pour un projet censé révolutionner le langage institutionnel.
Rob Jetten, Premier ministre gay, et la guerre des mots
Cette polémique survient alors que les Pays-Bas, pionniers du mariage gay (légalisé en 2001), sont dirigés depuis février 2026 par Rob Jetten (D66), premier Premier ministre ouvertement homosexuel du pays. Son gouvernement centriste minoritaire incarne cette tension entre progressisme sociétal et rejet croissant des dérives idéologiques. Le cabinet a d’ailleurs précisé que le guide resterait cantonné au ministère – une concession à l’indignation générale.
Inclusion ou idéologie ? Le débat qui divise les Pays-Bas
Au-delà des 40 000 € dépensés, c’est la logique même du guide qui interroge : jusqu’où faut-il adapter le langage pour coller à une diversité toujours plus fragmentée ? Entre ceux qui y voient un progrès et ceux qui crient à la censure bureaucratique, le débat est loin d’être clos. Une chose est sûre : aux Pays-Bas, même les mots les plus basiques deviennent un champ de bataille politique. Par quoi vont être remplacés les très discriminants « riches » et « pauvres » ? par « celles et ceux plutôt riches » et « celles et ceux pas très pauvres » ?










